1939 : le Noël montcellien des aviateurs polonais

Article paru dans "la Physiophile", n°151 de décembre 2009 (revue éditée à Montceau-les-Mines). Sa publication amena plusieurs lecteurs à rechercher d'anciennes photos, que vous retrouvez en cliquant sur ce lien (photos aviateurs).

      

       

En cette fin d'année 1939, la France s'apprêtait à fêter un sombre Noël ; on est dans cette étrange période de la "Drôle de Guerre", période sans véritable combat qui suivit la déclaration des hostilités, début septembre 1939, et dura jusqu'à l'offensive victorieuse des Allemands, au printemps 1940. La plupart des familles ont des jeunes mobilisés quelque part sur le front ; devant l'absence de combat, chacun nourrit le lâche espoir que la crise va s'apaiser et qu'ils reviendront bientôt…

Dans le bassin minier de Montceau, ce sentiment est courant, au moins parmi les Français, car pour les Polonais, qui, depuis presque 20 ans, sont venus si nombreux et vivent à l'écart dans leurs quartiers, le sentiment est tout autre : il n'y a pas eu de drôle de guerre sur le front polonais, mais un affrontement immédiat, féroce et déséquilibré ; leur pays – où la plupart ont alors le projet de retourner un jour - est occupé, non seulement par les Allemands à l'Ouest, mais aussi par les Soviétiques qui se sont joints à eux, en attaquant dans le dos l'armée polonaise, le 17 septembre 1939 ; une nouvelle frontière divise maintenant la lointaine patrie envahie, ligne de partage convenue par les deux agresseurs dès l'été, dans un protocole secret annexé au pacte germano-soviétique, qui avait été signé le 23 août 1939 entre les représentants de Staline et de Hitler.

Un Noël de tristesse se prépare donc pour les Polonais du bassin minier ; cependant aujourd'hui encore beaucoup de ceux qui l'on vécu s'en souviennent avec nostalgie, car autour de la table ce soir-là, il y avait un invité prestigieux : un aviateur de l'armée polonaise, qui là-bas avait combattu vaillamment les Allemands et les Russes et était bien décidé à poursuivre ici la guerre pour retourner libérer un jour la patrie !

 

 

Que faisaient donc les aviateurs polonais en France (*) ?

 

Toutes les troupes polonaises n'avaient pas été dispersées ou capturées après l'entrée en lice des Soviétiques ; de nombreuses unités, pressées au Sud-Est du pays, avaient réussi à passer en Roumanie, alors frontalière de la Pologne. D'autres avaient gagné les pays baltes et de là la Norvège et la Finlande. En France, le 30 septembre 1939, venait de se constituer un gouvernement polonais en exil, avec pour premier ministre le général Władysław Sikorski. Son objectif était de poursuivre la guerre en reconstituant une armée polonaise sur le sol français, à partir de deux sources : d'une part en y rassemblant tous les militaires qui réussiraient à sortir de Pologne, parmi lesquels de nombreux officiers, d'autre part en organisant la mobilisation des émigrés installés en France.

Or parmi les soldats échappés de la Pologne envahie, on comptait beaucoup d'aviateurs, on estime que près de 80% des effectifs de l'aviation avaient réussi à sortir du pays, soit environ 12 000 hommes, plus de 9000 étaient en Roumanie; plus de 900 en Hongrie…

Par diverses filières d'évasion, souvent appuyées sur les postes diplomatiques français en Europe centrale et dans les Balkans, des milliers d'officiers, de pilotes, de mitrailleurs et de mécaniciens s'acheminèrent vers la France.

Ils arrivent à flot continu à partir de fin octobre 1939 et s'installent à l'aéroport de Lyon-Bron que les autorités militaires françaises ont attribué à l'aviation polonaise en cours de reconstitution ; fin avril 1940, le commandement polonais dénombrera 6633 aviateurs prêts au combat en France et 2089 en Grande Bretagne.

Arrivés bien sûr sans leurs avions, ils étaient prêts à s'initier aux matériels français ou anglais et à poursuivre la bataille.

                       

 

Le général Sikorski, premier ministre polonais à Lyon Bron, début 1940 (photo SHD)

 

 

 

L'histoire de cette réorganisation ainsi que le rôle des aviateurs polonais dans la campagne de France dépassent largement le cadre de cet article : disons simplement que le sous-équipement militaire français en 1939 n'était guère propice à intégrer pleinement cet afflux inattendu de compétences. Ajoutons que les incompréhensions entre les uns et les autres ajoutèrent aux difficultés : l'armée de l'air française regardait de haut ces Polonais qui arrivaient vaincus et qui se montraient notablement indisciplinés ; eux-mêmes jugeaient durement les officiers français qu'ils trouvaient trop peu combatifs…

 

 

Les Polonais du bassin minier et la guerre

 

Depuis le 1er septembre, la guerre en Pologne a été suivie avec l'attention qu'on imagine par les Polonais du bassin minier. Ils étaient surtout informés par leurs journaux en langue polonaise, Narodowiec et Wiarus Polski, imprimés dans le Nord / Pas-de-Calais, mais aussi, un temps du moins, par les courriers reçus de leurs familles. Cette source sera cependant vite interrompue, ajoutant aux inquiétudes.

La formation à Paris d'un gouvernement polonais en exil, la décision de constituer en France une armée polonaise, sont autant d'événements qui ont vite donné à l'émigré le sentiment qu'il avait le devoir de participer directement à la guerre patriotique. Quelques jeunes scouts de la Saule partent à Paris en octobre pour aider au fonctionnement de l'administration en exil qui s'est installée dans des hôtels de la capitale ; les hommes en âge de combattre et qui, ayant conservé la nationalité polonaise pour la plupart, n'ont pas été mobilisés avec les Français, partent maintenant en masse rejoindre l'armée polonaise en formation. Ils seront d'abord regroupés au camp de Coetquidan en Bretagne, avant d'être affectés dans diverses unités qui mèneront la campagne de 40 avec l'armée française… et seront entraînées dans sa déroute.

Or, fait notable dans un environnement jusque là indifférent, voire même hostile, cette épreuve des Polonais, dont la lointaine patrie est une nouvelle fois dépecée, est globalement partagée aujourd'hui par la société française.

Si le mécanisme des traités, qui a entraîné la France dans la guerre en réponse à l'attaque allemande contre la Pologne, a pu susciter dans un premier temps des remarques désobligeantes sur le "refus d'aller mourir pour Dantzig", bien vite les événements ont entraîné un assez large mouvement de solidarité…

 

C'est d'abord l'église qui se montre ouverte aux initiatives de soutien à la Pologne. Le Courrier de Saône-et-Loire le relate dans son numéro du 11 novembre 1939 :

 

Grande manifestation d'amitié franco-polonaise – Le Comité Polonais de Montceau-les-Mines et M. le chanoine Augros, archiprêtre de la paroisse Notre-Dame, organisent d'un commun accord, le dimanche 12 novembre à 10 heures, en l'église Notre-Dame, un grand service religieux pour les soldats tombés sur le front de Pologne et sur le front de France, et pour tous les Français et les Polonais morts pour leur pays.

M. le Préfet de Saône-et-Loire, M. le Sous-préfet de Chalon-sur-Saône, M. le Général commandant la subdivision de Chalon-sur-Saône, M. le Consul de Pologne à Lyon, les autorités religieuses du diocèse d'Autun, les autorités civiles locales, toutes les sociétés d'Anciens Combattants de Montceau-les-Mines, le Comité montcellien de la Croix-Rouge française et toutes les Sociétés polonaises du bassin minier ont été invités à honorer de leur présence cette belle manifestation de cordiale entente autour de nos glorieux morts.

A l'issue de la cérémonie, une gerbe sera déposée au Monument des morts de la guerre.

Nul doute qu'en raison des graves événements actuels, la population montcellienne se fasse un devoir d'assister à ce service religieux, lequel se traduira par une grande manifestation d'amitié entre la France et son alliée martyre : la Pologne.

 

Si la communauté polonaise a certainement répondu en masse à l'invitation derrière ses associations, nul doute que, côté français, la qualité des invitants et des personnalités, curé, préfet et général, n'a certainement pas su toucher tous les cœurs !

  

Mais la cause polonaise a un autre relais, dans la classe ouvrière cette fois ; il vient de la puissante CGT, qui portée par le pacifisme viscéral de sa base, héritage des tueries de 14-18, flétrit la double agression de la Pologne et le pacte germano-soviétique qui l'a rendue possible. Le parti communiste ayant été dissout le 26 septembre 1939, pour cause de soutien à l'Union soviétique alliée de l'Allemagne nazie, la direction de la CGT prend la décision d'exclure les structures qui suivraient sa ligne et ne dénonceraient pas le pacte.

 

Le Courrier de Saône-et-Loire, s'en fait encore l'écho dans son édition du 1er décembre 1939, en publiant le communiqué de la direction de l'Union Départementale CGT, réunie à Montceau le 26 novembre : 

 

Union départementale des syndicats confédérés de Saône-et-Loire – (…) Résolution : (…)

La signature du pacte germano soviétique a été l'origine et la cause du déclenchement de la guerre. La Pologne a été agressée et dépecée par l'Allemagne hitlérienne avec l'aide et le concours de la Russie des Soviets. Cette dernière n'a pas hésité à se placer par là même au rang des nations d'agression et de proie unanimement et de tous temps condamnées par le mouvement syndical et la classe ouvrière internationale.

La C.E. considère donc qu'il n'existe aucune différence entre la politique d'Hitler et celle de Staline, elle condamne l'une et l'autre et les réprouve de la même façon sans ambiguïté. (…) Les syndicats et Unions locales qui à cette date (le 20 décembre 1939) ne se seront pas prononcés contre le pacte et l'agression soviétique, crime abominable perpétré contre la classe ouvrière internationale, seront considérés comme s'étant exclus eux-mêmes de l'Union Départementale et de la C.G.T.

 

Ils ne sont pas légion, les derniers communistes disciplinés à soutenir le pacte germano-soviétique en affirmant que c'est le gouvernement polonais, qualifié de fasciste, qui a poussé Staline dans les bras d'Hitler…

C'est ainsi que, partout dans la CGT, la solidarité avec la Pologne martyre est affirmée et devient ligne de clivage.

 

 

L'initiateur de la venue des aviateurs : Stanislaw Rychlik

 

A l'origine, avec le curé Augros, de la messe du 12 novembre se trouve Stanislaw Rychlik, le président régional du Comité de Liaison des Associations polonaises. Il est mineur au puits des Alouettes ; il a 42 ans. C'est une rude tâche que la sienne, car ces associations polonaise sont particulièrement nombreuses dans le bassin minier. Début 1939, le préfet en dénombre 25 à Montceau, 8 à St-Vallier, 7 à Sanvignes : Ce sont des associations religieuses (confrérie du Rosaire pour les femmes, société de Saint-Joseph pour les hommes, jeunesse catholique SMP), des groupes d'éclaireurs pour les garçons et les filles, des associations culturelles (chorales, cercles théâtraux), sportives (gymnastes dans les Sokols, fooballeurs aux clubs Polonia des Gautherets, Orions de la Saule) ; notons aussi l'existence de sociétés de secours mutuels d'inspiration catholique, etc…

Chaque quartier polonais, la Saule, les Gautherets, les Baudras/les Essarts, le Bois-du-Verne, possède toute ou partie de cette palette associative. En outre le Comité régional de liaison fédère aussi les plus petites communautés polonaises des alentours (le Creusot, Montchanin, Epinac, la Machine) ; les associations de même nature se rendent fréquemment visite…

Les paroisses polonaises sont intimement associées, soit de façon structurelle pour les sociétés relevant directement de la mission catholique polonaise en France, soit localement au cas par cas, en fonction des préférences des prêtres présents ; toutes ces associations comportent une forte composante patriotique.

En marge cependant, existe un mouvement bien particulier, qui prend ses distances d'avec l'église et dont la nature politique et patriotique est plus clairement affirmée ; c'est le mouvement des francs-tireurs (les "Strzelce", du mouvement "Zwiazek Strzelecki"). Mouvement paramilitaire en Pologne, destiné à soutenir le régime du maréchal Pilsudski grâce à qui la Pologne a recouvré son indépendance en 1918, il se limite en France à la pratique de l'athlétisme, de la boxe et du basket, car il lui est interdit d'être société de tir. Il est particulièrement implanté à la Saule.

 

Stanislaw Rychlik

Le Comité de liaison que dirige Stanislaw Rychlik rassemble les associations catholiques, mais lui-même est aussi dirigeant des francs-tireurs ; il est ardent patriote, catholique fervent mais un brin anticlérical, fidèle admirateur de Jozef Pilsudski.

Né le 22 septembre 1898 à Borek, dans la région de Poznan, il est arrivé dès 1921 en France ; sa jeune épouse l'a rejoint rapidement et, à la veille de la guerre, ils habitent avec leurs quatre enfants au 2, rue Sobieski à la Saule. Un temps, pour accroître le revenu familial, leur premier logement (rue Pasteur) servit d'épicerie pour le voisinage et Stanislaw y faisait le coiffeur pour ses collègues mineurs.

De grande taille, il nous est décrit comme étant un homme de principe, exerçant une forte influence sur son entourage.

 

 

Nul doute qu'à l'automne 1939, Stanislaw Rychlik ressent plus que tout autre le drame en cours ; pour tous ces émigrés, restés profondément attachés au pays, la nouvelle invasion de la Pologne, après 21 ans seulement d'indépendance, constitue une tragédie incommensurable. Il va donc consacrer toute son énergie à engager le réseau associatif dans la lutte contre les Allemands.

 

La manifestation du 12 novembre est un premier acte ; sans doute en découvrant par le Consul polonais de Lyon combien les conditions de vie des aviateurs exilés sont précaires par ce terrible hiver 1939, aussi bien à la base de Bron que dans les pavillons de la foire de Lyon où ils dorment, une autre idée lui vient : leur offrir la chaleur d'un Noël familial, célébré comme au pays  dans un foyer du bassin minier ; les Polonais de tous les quartiers auront ainsi l'occasion d'apporter un vrai soutien à leur armée.

L'idée reçoit un accueil enthousiaste et les principaux animateurs de la communauté, Walenty Smektala à la Saule, Andrzej Frackowiak aux Gautherets, s'activent à dresser des listes de familles d'accueil : les prêtres polonais, Jan Jaskiewicz à Montceau, Wladyslaw Mateuszek aux Gautherets, Andrzej Sobieski aux Baudras s'en font les relais en chaire.

Le Commissaire de Police de Montceau est averti ; le 12 décembre, il transmet l'information au sous-préfet de Chalon :

"J'ai l'honneur de vous rendre compte (que) 350 soldats, aviateurs polonais stationnés actuellement à la base aérienne de Bron, doivent venir passer les fêtes de Noël en permission régulière dans les communes du bassin minier. A la demande du Comité d'Entr'aide polonais, ils seront reçus et hébergés pendant quatre jours par les familles de leurs compatriotes, originaires des mêmes régions".

Le leader des associations polonaises du Creusot, Feliks Witkowski, emboîte le pas et veut participer à l'initiative ; le 22 décembre, son commissaire annonce au sous-préfet d'Autun la venue de 50 autres aviateurs.

 

 

La marque du Noël 1939 dans les familles

 

Ils seront sans doute moins nombreux en définitive à arriver à la gare de Montceau à la veille de Noël. C'est là que se fait la répartition entre les familles ; chaque aviateur reçoit un carton avec l'adresse de Stanislaw Rychlik pour le joindre en cas de difficulté avec la famille d'accueil…

 

L'aventure collective devient maintenant somme d'expériences familiales diverses ; où que l'on rencontre aujourd'hui de vieux Polonais du bassin minier, dans les diverses communes de chez nous, à Varsovie ou dans les villes de Silésie où beaucoup sont repartis après la guerre, cette affaire des aviateurs est racontée avec plaisir et génère moult anecdotes : c'est une femme seule du Bois-Garnier, Madame X,  qui, non contente d'en avoir un, en réclama deux. C'est la jeune Y, qui trouvait celui qu'avait ramené son père si beau mais bien trop vieux pour elle, et qui pourtant finit par épouser un voisin du même âge.

Waclaw A. revoit encore les deux galons du caporal Dobieslaw Rozewyski, qui avait l'air d'un enfant en arrivant à la tuilerie Saint-Pierre, et qui allait connaître une mort tragique.

Czeslaw T se souvient de tous ces gars à la chapelle des Gautherets, portant l'uniforme des aviateurs français, qui chantaient en choeur des marches polonaises…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autres photos d'aviateurs

en cliquant ici (photos aviateurs).

 

Mais tous ces militaires n'étaient pas des anges, et le pilote d'essai Schade laissa une assez mauvaise impression chez les G. à la Saule quand il se mit à entreprendre la fille de la maison alors qu'il avait laissé son épouse et ses deux enfants en Pologne.

Quelques familles seront définitivement marquées par l'affaire : j'en ai repéré trois dont la fille finit par épouser l'aviateur ! Ce sont les familles Szoferski du Bois-du-Verne, Bugla et Miskowiak des Gautherets… Peut-être y en a-t-il d'autres, car l'affaire ne s'arrête pas à Noël : des aviateurs reviennent individuellement au gré des permissions et l'opération se répète à Pâques 1940, plus difficilement car bien des militaires ont été affectés loin de Lyon-Bron.

 

Voir par exemple la correspondance retrouvée du caporal Jan LOJ avec sa famille d'accueil (cliquez ici).

 

L'initiative de Stanislaw Rychlik se transforme ainsi en un large parrainage de guerre. Certaines de ces amitiés durent jusqu'à ce jour ; ainsi de la famille Goszka-Jany, qui correspond encore avec la veuve de l'aviateur Jan Huc, qui passa un si agréable Noël 1939 aux Gautherets.

 

 

 

 

Epilogue : de Noël 39 à la Résistance

 

On connaît la suite : l'offensive allemande de mai-juin 1940, l'armée française défaite, et avec elle ses alliés britanniques et polonais, l'arrivée des Allemands et les quatre années d'occupation… Les aviateurs comptaient au nombre des vaincus, avec pour beaucoup la rage au cœur de n'avoir pas pu combattre efficacement. Ce qui s'était passé lors de la défaite de la Pologne quelques mois plus tôt se répéta donc : ils reçurent la consigne de quitter la France par tous les moyens et de se regrouper en Angleterre. En effet, le gouvernement polonais en exil ne reconnut pas l'armistice demandée par le maréchal Pétain et, le 18 juin 1940, date décidément symbolique, s'envola pour Londres afin d'y poursuivre le combat. Ce qui restait de son armée le suivit.

L'histoire a rendu hommage au rôle joué alors par ces pilotes polonais, au sein de la Royal Air Force pendant le reste de la guerre. Beaucoup était passée par Lyon-Bron.

 

A Montceau, sur la ligne de démarcation qui venait de se mettre en place, Stanislaw Rychlik et ses amis du mouvement associatif se firent immédiatement passeurs pour les soldats polonais qui cherchaient à gagner la zone libre afin d'y trouver le chemin pour l'Angleterre. Nombreux étaient les aviateurs déjà pourvus de son adresse ; cela fit boule de neige, et la région devint vite zone privilégiée de passage des militaires polonais.

Le Noël 1939 marqua en fait l'entrée réelle de la population polonaise de Montceau dans la guerre et la Résistance ; dès l'automne 40, un vrai réseau polonais d'hébergement, de collecte de vêtements civils et de passage de la ligne fonctionnait dans le bassin minier et au-delà, à Montchanin et au Creusot.

Vite repéré par les autorités allemandes d'occupation, Stanislaw Rychlik dut bientôt se réfugier en zone libre ; il sera finalement arrêté à Marigny le 18 juin 1943 et déporté, ainsi que ses deux fils, vers le Struthof puis Dachau. Il disparut lors de la "marche de la mort" qui précéda la reddition allemande en mai 1945.

Initiateur incontestable de la Résistance dans le bassin minier, on s'étonne que nulle rue de la Saule ne porte aujourd'hui son nom…

 

 

Voir des photos de lecteurs en cliquant sur ce lien (photos aviateurs).

 

 

 



(*)    Sources :    Etude du lieutenant-colonel Salesse, l'Aviation polonaise en France 1939-1940, historique, Service Historique de la Défense (SHD)-Armée de l'Air, U 531-60

      Olgierd Cumft et Hubert Kazimierz Kujawa, Ksiega lotnikow polskich poleglych, zmarlych i zaginionych 1939-1946 (Livre des pilotes polonais morts ou disparus 1939-1946), Editions du Ministère de la Défense Nationale, Varsovie, 1989. Traduction par le Dr Grzesiak, France-Pologne Rochefort.

      Aéro-Journal n°19, juin-juillet 2001, article de Christian-Jacques Ehrengart, à partir du livre Stracone Zludzenia (les espoirs perdus) de Grzegorz Slizewski, éditions Panda, Koszalin (Pologne), 2000

     

 



23/02/2010
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 319 autres membres