Ceux de POWN avec Anders en Italie

 

 

 

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Récit de Czeslaw Tomkowiak

 

 

 

  

 

 

 

Les textes de cette page ont été écrits par Czeslaw Tomkowiak, mineur du quartier des Gautherets à Saint-Vallier (S&L) ; lors de plusieurs rencontres en 2008 et 2009, il voulut bien témoigner durant des heures, autant de sa vie au travail que de son engagement dans la Résistance puis dans l’armée du général Wladyslaw Anders, en Italie.

Né en 1926 à Ostrorog, près de Poznan, en Pologne, il allait mourir quelques mois après nos entretiens, en septembre 2009.

 

Ses écrits sur sa guerre en Italie, personnels ou inspirés d’une revue militaire,  méticuleusement consignés pour ses fils, sont reproduits ici avec leur autorisation. Qu’ils en soient remerciés…  Les photos sont pour la plupart les siennes. 

 

Engagé dans le mouvement POWN  en octobre 1943, il rejoignit d’abord le maquis FTP français de Collonge-en-Charollais, en avril 44, puis le maquis POWN de Marigny à sa formation en août.

 

 

Il participa à la libération du bassin minier de Montceau les 5 et 6 septembre 1944 et s’engagea ensuite dans l’Armée polonaise, au bureau de recrutement qu’elle tenait dans son cantonnement de l’école du quartier de la Sablière. Son récit commence à ce moment là…

  (cliquer sur les photos pour les agrandir) 

 

 

- Le premier texte manuscrit -

 

« Engagé volontaire au 2ième corps d’Armée polonaise en Italie, le 4.10.1944, j’étais dirigé au centre de rassemblement de l’Armée polonaise à Marseille. Le 15.10.44, le port étant détruit, l’embarquement s’est fait en pleine mer, sur les Liberty-Ship (transports de troupes). Le convoi comprenait 5 bateaux escortés par 2 contre-torpilleurs. Le débarquement, après deux jours de mer a eu lieu à Naples. Dû à une mésentente entre les états-majors anglais et polonais, l’ensemble du convoi fut dirigé, sous escorte anglaise, au camp de prisonniers à Casoria-Afragola. Libéré le 29.10.44, dirigé dans un camp polonais à Yolanta près de Palagiano, où j’ai eu mon uniforme militaire. Affecté définitivement le 8.11.1944 au 2ème Bataillon Commando motorisé stationné à Astuni, à 30 km de Brindisi.

 

  

 - Intendance du centre de rassemblement de Marseille -

Un autre Montcellien W. Piotrowski i (2ème à D - ph. Piotrowski)

 

 

 

 

 

- Un ticket de chemin de fer pour l'Italie -

 

(…)

Le 2ème Bataillon de Commando motorisé prit part aux combats du 17 avril au 8 mai 1945. En partant sur l’axe de Sasso-Morelli – Castel Guelfo – Medicina – Zambonini où il s’illustra en forçant les lignes de défense ennemies fortement ancrées sur la rivière Gaiana – puis la rivière Quaderna – Castenaso – la rivière Idice – Bologna. Les pertes étaient de 11 tués, dont deux de mes camarades de la Résistance Paszek Boleslaw et Pogorzelski Wladyslaw tombés le 19 avril 1945 à Gaiana, et de 43 blessés ; Le Bataillon a obtenu 92 médailles dont 9 croix d’argent de l’Ordre Virtuti Militari, 36 croix de Vaillants et 47 croix du Mérite. »

 

  

- Arrivée des jeunes POWN de S&L en Italie - 

(X : l'auteur      XX : W. Pogorzelski tué au combat) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 Autre texte, moins personnel, qui souligne bien l’âpreté des combats des soldats polonais en Italie :

 

Le 2ème Corps polonais dans la bataille de Bologne

 Au centre du groupement de la 8ème armée britannique se trouvait la ligne d’attaque du 2ème Corps polonais, délimitée à gauche par la route n°9 sur le tronçon Faenza-Bologne. Pour la durée de la bataille, le 2ème Corps polonais était renforcé par la 7ème Brigade blindée britannique équipée de chars lourds « Churchill », la 7ème Brigade « Gurkha » et par le 2ème groupe d’artillerie.. Devant le Corps se défendaient les troupes du 1er Corps de parachutistes, retranchées dans les bassins de nombreuses rivières de la région, qui coulaient transversalement à l’axe d’attaque des détachements polonais. Le commandant du 2ème Corps polonais, le général Zygmunt Szyszko-Bohusz décida de mener la principale offensive sur l’aile droite, coopérant avec le 5ème Corps britannique. Il utilisa pour cela la 3ème division des Chasseurs des Carpates, qui devait passer la rivière Senio et prendre une tête de pont à Santerno. L’aile gauche, composée de deux autres brigades, constituait le groupement « Rud », abréviation du nom du général Klemens Rudnicki. Disposant de neuf brigades (dont deux blindées), le commandant du Corps décida d’en désigner six pour le premier échelon. Le deuxième échelon était constitué par trois brigades plus le bataillon de Commandos du groupement « Rak », du général Bronislaw Rakowski, que le général Szyszko-Bohusz avait l’intention d’introduire après la création de la tête de pont à Santerno.

 

 

L’attaque du gros des forces de la 8ème armée commença le 9 avril. Elle avait été précédée par les préparatifs de l’aviation et un feu d’artillerie, avec ceci que l’une des vagues de bombardiers lourds « Liberator » jeta par erreur un chargement de bombes sur deux bataillons polonais. Les pertes furent considérables. Ce tragique incident n’a toutefois pas déprimé les soldats et l’attaque dans le secteur du 2ème Corps polonais commença, conformément au plan, à 19 heures 30. Mais le succès remporté à Solarolo ne fut pas obtenu facilement. Le voisin à droite, le 5ème Corps britannique, se dirigeant sur Argenta se mouvait dans un terrain très difficile et il avançait avec lenteur. Aussi le fardeau de la lutte de la 8ème armée britannique était retombé, en dépit des conceptions initiales, sur le 2ème Corps polonais qui, après trois jours de combats, a franchi la rivière Senio et créé aux quatrième et cinquième jours une tête de pont à Santerno. L’avance du 2ème Corps polonais n’était pas rapide en raison du terrain difficile et de la défense acharnée des détachements d’élite allemands composés principalement de parachutistes. Les Allemands avaient intensifié leurs activités, surtout pendant le passage de Santerno par la 3ème division des Chasseurs des Carpates, lorsqu’ils lancèrent une contre-offensive avec les forces de la 26ème division blindée sur l’aile droite des attaquants. 

L’attaque du groupement « Rud » opérant le long de la Via-Emilia n°9 s’est déroulée avec moins de difficultés. L’action de ce groupement était dépendante du succès de l’attaque principale du 2ème Corps polonais. Ce dernier fut renforcé au sixième jour par le deuxième échelon (la 5ème division d’infanterie et le groupement « Rak », la 2ème brigade blindée et le bataillon de Commandos). Malheureusement le deuxième échelon se heurta, à la surprise générale, à une défense acharnée des troupes allemandes. Les combats étaient particulièrement violents pour le passage du Sillaro. La résistance fut brisée le 17 avril, lorsque les troupes du 2ème Corps polonais arrivèrent à la rivière Gaina après avoir franchi une vingtaine de kilomètres pendant trois jours de combats ininterrompus pour les positions allemandes,  dans le secteur de la 5ème armée américaine.

 

  - Bernard Nowicki, du Creusot -

  

 Le commandement allemand, estimant que la bataille de Bologne était perdue, ordonna à ses troupes de se retirer au-delà du Pô. Cette manœuvre, exécutée dans la zone d’opération du 2ème Corps polonais, était protégée par les deux meilleures divisions allemandes – 1ère et 4ème division de parachutistes - qui défendaient avec acharnement chaque position sur les rivières Gaiana et Idice. Les 18 et 19 avril, la 5ème division d’infanterie, le groupement « Rak » et les Commandos ont livré des combats sanglants contre la 1ère division allemande de parachutistes sur la rivière Gaiana. Les Polonais se sont rendus maîtres du terrain. Un grand mérite dans cette victoire revient à la 2ème brigade blindée et au bataillon de Commandos. Dans le combat contre la 4ème division de parachutistes, les Chasseurs des Carpates prirent Budrio et, le 21, s’emparèrent de Granaloro, coupant ainsi aux Allemands leur retraite de Bologne vers le Nord. L’entrée des détachements polonais à Bologne eut lieu le 21 avril à 6 heures par le 9ème bataillon des Chasseurs des Carpates.

La bataille de Bologne fut la dernière livrée par le 2ème Corps polonais. Dans l’affrontement direct qui dura 12 jours, le soldat polonais est sorti vainqueur. Les deux divisions de paras et la 26ème division ont été anéanties. La plupart des combats étaient particulièrement violents et sanglants. Aussi les pertes polonaises étaient-elles importantes : 234 tués (dont 17 officiers), 228 blessés (dont 88 officiers) et 7 disparus.

 

 

Après le 8 mai 1945, Czeslaw Tomkowiak devait rester en occupation en Italie jusqu'au mois d'août 1946, au sein de la 2ème Division blindée polonaise ; il allait ensuite être dirigé vers l'Angleterre, où il ne sera finalement démobilisé qu'en février 1947.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    En visite au Musée Sikorski,

    à Londres, le 2 avril 2011...

    Evocation de ces combats d'avril 1945

    (voir mention du nom des rivières franchies)

 

     Lien avec le site de l'Institut et Musée Sikorski

   

 

 

 

Compléments :

1/  Voir également le trajet d'Henryk Kwiecien

2/ Concernant la bataille de Monte-Cassino, voir la chanson "Czerwone maki na Monte-Cassino" en page d'accueil et la contribution d'un lecteur algérien concernant le rôle des troupes d'Afrique du Nord dans cette bataille - la cohabitation des mémoires .

 

 

 

 



31/03/2011
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