L'instituteur Jan Plewnia, capitaine de l'armée polonaise

 

Après sa mort, survenue le 6 septembre 1965, "Narodowiec", le journal polonais de l'immigration, publia l'article nécrologique ci-dessous ...

 

PLEWNIA Jan.jpg

 

 

Hommage à la mémoire de Jan Plewnia

instituteur de Montceau-les-Mines et capitaine des armées polonaises

 

Par une belle journée ensoleillée de septembre, un groupe d’amis a accompagné au cimetière Jan Plewnia, instituteur local et combattant. Il est décédé soudainement durant sa cure au Mont-Dore où il se rendait tous les ans.

Jan Plewnia est né en Silésie (le 27 juin 1899). Tout jeune, il s’est battu dans les rangs des insurgés de Silésie pour rejoindre ensuite l’Armée Polonaise. La guerre (polono-bolchevique) ne lui a pas permis de terminer ses études. Diplômé cependant du brevet national [NDT : en polonais « mała matura »], il postula pour un poste d’instituteur. En 1927, il arrive en France et commence à enseigner à La Saule, dans le bassin de Montceau-les-Mines où son tact et sa culture sont très estimés. Il est particulièrement attaché à ses élèves et aux jeunes scouts qui trouvent en lui un véritable tuteur.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans l’armée polonaise qui se forme en France. Le 17 septembre 1939, il arrive à Coëtquidam avec un premier groupe de volontaires du bassin minier de Montceau. Outre ses activités militaires, il rend des services aux soldats qui lui confient leurs soucis et problèmes. En janvier 1940, il rejoint le quartier général du général Sikorski à Paris, à l’hôtel Regina. Au cours des journées dramatiques du mois de juin 1940, il transfère les archives à Bordeaux et puis, sous le feu et les bombes, il arrive à les transporter en Angleterre. Il y reste en tant qu’officier de liaison, au grade de capitaine, et grâce à sa connaissance de l’anglais, il rend des services considérables à l’Armée polonaise qui se restructure en Ecosse. 

Démobilisé en juillet 1946, il reprend son poste d’instituteur dans son école, restée ouverte pendant la guerre grâce au courage et au dévouement de sa femme. En tant que directrice, après le départ de son mari, elle avait décidé de le remplacer ce qui n’état pas facile pour une Française qui ne maîtrisait pas complètement la langue polonaise.

Un an après son retour d’Angleterre, Jan Plewnia est confronté à un dilemme : rester à l’école et se soumettre aux directives contraires à son engagement comme soldat et catholique, ou cesser d’exercer son métier et interrompre sa mission éducative (*). Il choisit la deuxième alternative.

[…]

Gloire à ta mémoire, camarade et compagnon d’armes

 

 

(*)   Référence à la situation des enseignants polonais des écoles privées des compagnies minières confrontés à la fois à la nationalisation des mines et à l'arrivée des communistes au pouvoir en Pologne...

 

 

Nous recherchons des photos de classe de la Saule où figurerait Jan Plewnia



21/07/2013
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