Marian Tyndiuk, aux archives de la Défense

 

 

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Cet page complète l'article qui nous a été adressé par Jacqueline Bernard Marian Tyndiuk, résistant dans la Nièvre.

 

Les archives du Service Historique de la Défense (SHD) conservent les dossiers individuels de nombreux résistants. Celui de Marian TYNDIUK, consulté récemment au château de Vincennes (cote 16P580636), contient une fiche personnelle écrite de sa main, qui apporte quelques éléments nouveaux mais aussi des questions à creuser...

 

 

 

Ses origines polonaises

Marian TYNDIUK est né le 8 septembre 1908 à Lwow, dans une famille de propriétaires terriens. Il est l'ainé de quatre enfants, qui tous feront des études supérieures : le frère de Marian est ingénieur électricien ; ses sœurs sont l'une médecin, l'autre professeur d'éducation physique. Lui-même suit des études supérieures à Lwow et Cracovie (école polytechnique), au terme desquelles il possède deux diplômes d'ingénieur, agricole et électricien. Il parle Polonais, Français, Russe, Allemand, Tchèque et Yougoslave et possède quelques notions de Hongrois. Après ses études, il indique exercer la profession de "propriétaire-exploitant", ce qui semble indiquer qu'il gère alors le domaine familial.

Il fait son service militaire dans les blindés en 1929.

 

Les mystères de son service dans l'armée polonaise :

Assez étrangement, le thème est très résumé : durant la campagne de Pologne de 1939, il se réfugie en Hongrie où il est interné quelques semaines, avant de s'évader en décembre 1939. Par une des filières d'évacuation existant alors, il gagne Marseille, où il débarque le 7 janvier 1940.

On comprend qu'il intègre alors l'armée polonaise reconstituée en France par le général Sikorski puisqu'il indique avoir participé à la campagne de Norvège. Cela signifierait qu'il faisait partie des unités envoyées aux côtés du corps expéditionnaire français à Narwik.

Au retour, il participe à la campagne de France et se retrouve encerclé par une colonne allemande le 17 juin ; il s'échappe alors à travers bois…

On sait aussi qu'il est lieutenant de char et qu'il a été décoré de l'ordre de la Virtuti Militari…

Tout cela reste assez mystérieux car les troupes envoyées à Narvik (principalement les chasseurs alpins de la brigade de Podhale) ne sont rentrées sur le sol français que vers le 15 juin 1940 et n'ont en général pas participé aux combats de la campagne de France ; on imaginait plutôt ce lieutenant de char se trouver avec la 10ème brigade de cavalerie blindée du général MACZEK qui, le 17 juin justement, sabotait ses véhicules coupés de tout ravitaillement aux environs de Montbard et dispersait ses effectifs… pas très loin donc du Morvan.

La photo contenue dans le dossier (ci-dessus) ajoute à l'étonnement, car Marian TYNDIUK y porte l'insigne des aviateurs polonais (plus précisément de "pilote observateur" car elle est ornée de flèches)…

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Comment trouver l'explication ? ... Le plus simplement en recherchant le dossier de Marian TYNDIUK établi par l'armée polonaise en France  ; il devrait se trouver dans un autre service du SHD, à la caserne Bernadotte, à Pau…  Il existe aussi des érudits de l'histoire militaire polonaise ; l'un tombera peut-être sur cet article et pourra nous renseigner.   A SUIVRE DONC

 

 

Sa participation à la Résistance en France :

Le dossier SHD - Vincennes recoupe complètement l'article de Jacqueline Bernard ; il précise cependant le nom du réseau auquel il a appartenu, avec pour premier chef le docteur Chanel ("Lelièvre"). Il s'agit du réseau Armée Volontaire (A.V.) auquel Marian TYNDIUK était affilié en tant qu'agent P2 depuis le 1er décembre 1941. Il y porta les noms de guerre de "Pierre" et de "Lieutenant Marianne"...

Il se trouve que ce mouvement a fait l'objet d'un long développement dans l'ouvrage écrit par Henri Picard au lendemain de la guerre Ceux de la Résistance, Bourgogne, Nivernais Morvan, ouvrage mis aujourd'hui en ligne par le fils de l'auteur. Vous y avez accès en cliquant ici - CEUX DE LA RESISTANCE - Le chapitre correspondant se trouve en page 88 ; l'Armée Volontaire avait été créée par le docteur Chanel de Nevers dès la fin de 1940, en lien avec des membres du 2ème Bureau de l'Armée de Vichy.

 

 

                                                        Cliquer pour agrandir

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(in dossier SHD - 16P580636)

 



01/11/2014
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