WEGRZYN Józef "Carlos", de la Pologne à l'Andorre

 

Józef Wegrzyn "Carlos", chef du service d'évacuation polonais en Andorre

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Un ami de respol71 habitant Montpellier, Christian Bouquet, a mené une recherche extraordinaire sur ce personnage de la résistance polonaise  en France, resté jusque-là dans l'ombre. Il nous conduit dans le monde secret des réseaux d'évacuation des militaires polonais vers l'Angleterre, à travers les Pyrénées. L'intérêt de ce travail dépasse donc le champ étroit de ce site et nous espérons qu'il sera co-publié dans d'autres media... Un lien cependant existe : qu'on se rappelle que le commandant du maquis POWN du bassin montcellien, Stanislaw Kawa-Topor (à revoir bio Kawa ) avait lui même dirigé une ligne de transfert de militaires polonais, de Grenoble au pied des Pyrénées ; il les amenait en fait à "Carlos" qui poursuivait le transfert jusqu'à Barcelone.

Merci à Christian Bouquet de nous donner la primeur de son travail...

(Contact : bouquetchristian@yahoo.fr)

 

Nota : Les sources sont indiquées en fin de page 2.

 

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A la mémoire de Józef Wegrzyn

alias Carlos et Luis

Pologne, décembre 1920 – Paris, mars 1992

Caporal de l'armée polonaise en France.

Chef du service d’évacuation polonais à La Massana (Andorre)

puis à Barcelone (Espagne) entre mai 1943 et mars 1944.

Ses liens avec la filière d'évacuation polonaise "Ewa".

 Medal of Freedom with palm

 

par Christian Bouquet

  

 

   Józef Wegrzyn, ph d'identité

de son dossier de démobilisation (SHD - Pau)

« Bez powodzenia szuka?em “Carlosa”,

który wiele móg?by mi powiedzie? o stronie organizacyjnej

i rezultatach naszej dzia?alno?ci. »

 

« En vain j’ai cherché "Carlos"

qui aurait pu me dire beaucoup sur le plan de l'organisation

de nos activités et de nos résultats. »

 

Tadeusz Rubach, Avec "Ewa" à travers les Pyrénées

 

 

Note introductive

 

C'est d'une manière assez fortuite que j'ai été amené à faire des recherches sur un certain Joseph Kwiatkowski alias Carlos, de son vrai nom Józef Wegrzyn. En effet, c'est la rencontre en 2010 avec monsieur Claude Benet qui venait d'écrire un livre sur le rôle de l'Andorre pendant la Deuxième Guerre mondiale qui en a été le facteur déclencheur. Il y évoquait un certain Carlos un jeune polonais aux multiples pseudonymes mais aussi le récit de Francesc Viadiu qui avait été recruté par Carlos. Le peu que je savais de lui me touchait mais tout était encore imprécis, voire même contradictoire. J'ai donc cherché à en savoir plus.

 Hormis ce que chacun peut savoir de l'histoire de la Pologne dans ses grandes lignes, à partir de septembre 1939, je ne connaissais rien, ou si peu, du rôle déterminant tenu par la Pologne en exil sur le territoire français d'abord, puis à Londres ensuite, et par les polonais, civils et militaires, durant la guerre ; ni de leur action clandestine dans la France de la Collaboration, et encore moins sur les évacuations par les Pyrénées des soldats de l'ex-armée polonaise en France. En quelques années j'ai quelque peu comblé mon ignorance mais ne suis nullement historien et ne prétend pas l'être.

 Ce document est le fruit de plusieurs années de recherches commencées en 2011 aux archives départementales de la Haute-Garonne concernant le dénommé Joseph Kwiatkowski, dont le nom manuscrit figurait au dos d'un dictionnaire franco-polonais retrouvé par Maria-Rosa Viadiu parmi les papiers de son père. En effet, ce dernier s'était occupé, à partir de janvier 1942, en lien avec le Consulat britannique de Barcelone, d'organiser le transfert d'évadés entre l'Andorre et l'Espagne ;  à partir de juin 1943, cela avait été en lien avec Carlos et Antoni Forné. Au fil des années et au hasard des recherches, j'ai découvert et pris connaissance de nombreux documents – archives, articles, lectures – dont certains, très précieux. De plus, j'ai découvert des sources méconnues concernant directement Carlos qui s'était affublé de multiples identités. Ce qui lui jouera un tour.

 

Aujourdhui, le recoupement de toutes ces sources permet  de sortir Józef Wegrzyn de l'anonymat - c'est ainsi qu'il a été inhumé - et de faire la lumière sur le rôle exact que Carlos a joué en Andorre. Tadeusz Rubach, le seul à avoir écrit un livre sur ces filières polonaises auxquelles il avait participé, regrettait de n'avoir pas pu retrouver la trace de Carlos. J'espère que ce document dans lequel j'ai laissé parler les sources comble ce retard.

 

  

Glasgow, 22 octobre 1944. La Royal Victoria Patriotic School (RVPS)

L'ex S.S. "Eastern Prince" en provenance d’Alger, accoste après sept jours de navigation dans le port écossais de Glasgow. Un groupe de polonais en descend. Parmi eux un ancien caporal de l’armée polonaise en France, Józef Wegrzyn, né le 10 décembre 1920 à Michalowka. Cela fait maintenant cinq ans qu'il a dû évacuer la Pologne en cours d'anéantissement.

Songe-t-il après ces années écoulées dans la tourmente, hors du sol natal, à ses parents, sa famille ? Les dernières nouvelles qu’il a eues de son père qui habitait Bilgoraj datent de 1942. Il a un petit frère, Stanislaw qui vient d’avoir 14 ans. Son autre frère, Kazimierz a juste 20 ans et sa sœur Maria est mariée avec Jan, un ingénieur mécanicien.

Au bas de la passerelle du S.S. "Eastern Prince", Józef Wegrzyn est accueilli sur le quai par des agents du renseignement britannique : l'I.S. Il s'y attendait après ses activités clandestines en Andorre pour le service polonais d'évacuation et songe sûrement à tout ce qu’il va devoir leur raconter depuis sa première tentative pour rejoindre l’Angleterre, fin juin 1940, jusqu'à son arrestation par la police espagnole, en mars 1944. Le 7 novembre, il se retrouve à la Royal Victoria Patriotic School (RVPS) à Wandsworth. Les britanniques ont besoin de lui demander plein de renseignements, de connaître son parcours, de vérifier ses dires jusqu’à ce que le Lieutenant G.H. Laurence donne ses conclusions, au terme de son rapport d'interrogatoire.

 

 

Carlos - Luis, chef du service clandestin d'évacuation des soldats polonais

Hôtel Palanques, La Massana (Andorre), Mai-Septembre 1943

Barcelone (Espagne), Octobre 1943-Mars 1944

 

Barcelone, fin janvier 1943 : les services d'évacuation clandestins polonais recrutent Józef Wegrzyn qui parlait l'Espagnol

Au terme d’un parcours compliqué, en territoire inconnu, semé d’embûches, entre la France qui s'enfonce dans la Collaboration, l’Espagne gagnée par le franquisme, et au cours duquel il tenta par deux fois de rejoindre l’Angleterre, sans succès, Józef Wegrzyn est parvenu à Barcelone en cette fin janvier 1943 après un bref passage par Perpignan et Figueras.

Probablement à la suite d'indications qui lui auront été communiquées par le colonel Jaklicz [1] qu'il avait vu clandestinement à Perpignan lors de son passage quelques jours auparavant, il se rend alors au Consulat britannique. Là, Miss Cotley, la secrétaire du Vice-consul Rupert Henry Beaumont [2] l’envoie dans une "planque" à Calle Aragon 610 où il est reçu par le Lt Kaiser, alias Fernando. Au terme d’un interrogatoire, considérant avec intérêt qu’un si jeune caporal polonais parle couramment l’espagnol, Zbigniew Slubicki alias Luis, chef du service des évacuations du gouvernement polonais en exil à Londres, le recrute sous le pseudonyme de Carlos. Il est alors envoyé dans une autre planque à Calle Pedro Quarto 686 auprès d'un certain Carrera Gasol Modesto.

 

Le témoignage d'Antoni Forné

L'un de ceux qui va bientôt travailler étroitement avec lui à partir de l’hôtel Palanques à La Massana, Antoni Forné, a clairement énoncé l'objectif de la mission confiée à Józef Wegrzyn désormais appelé Carlos : « les Services de renseignement du gouvernement polonais à Londres ont créé en Andorre un centre d'Evasion en collaboration avec le Consulat britannique de Barcelone. Une mission concrète : faire passer de France à Barcelone, les soldats et officiers polonais qui étaient restés clandestinement en France après l'armistice de juin 1940, en lien avec la résistance et soutenus par le gouvernement polonais de Londres. Il poursuit : En vue d'organiser ce service d'évasion, un jour un polonais d'une trentaine d'années se présente en Andorre qui se fait appeler Luis ou Carlos [3]… » Avant de parvenir à Barcelone et de trouver le moyen de se rendre utile pour la cause des Alliés, le parcours de Józef Wegrzyn depuis sa sortie de Pologne en septembre 1939 n'a pas été simple.

 

Septembre 1939 – octobre 1941 : sortie de Pologne – Lyon-Bron – Miranda de Ebro

Début septembre 1939, avec les effectifs de son école de formation des forces aériennes à Bydgoszcz, il évacue la Pologne en cours d'anéantissement [4], prise en étau entre l'Allemagne nazie et l'URSS - traité de non-agression oblige. Il s'agissait d'échapper à la reddition en gagnant les pays neutres frontaliers [5]. Il passe en Roumanie où il est interné dans le camp de Rybink-Sarat dont il finit par s'enfuir en décembre pour rejoindre Bucarest. En janvier 1940, il entre en France par Modane par ses propres moyens. Il est alors affecté sur la base aérienne de Lyon-Bron, d’abord à l’Escadron n° 4 puis au n° 16, puis à un groupe détaché du personnel des Forces aériennes polonaises. Après l'armistice, il tenta comme la plupart des militaires polonais stationnés à Lyon-Bron de gagner l’Angleterre par Port-Vendres mais sans succès. Arrêté par la police française puis s'échappant et constatant qu'un embarquement n'était pas possible, il se rendit à Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz puis passa en Espagne par Hendaye, fin juin 1940. Arrêté, il est alors envoyé au camp franquiste de Miranda de Ebro, dans la province de Burgos, avec un groupe d'une vingtaine de Polonais. Il y restera jusqu’à la fin octobre 1941, soit seize mois, et profitera de ce séjour particulièrement incommode et insalubre pour apprendre l’Espagnol au point de le parler presque couramment. Il finit par s’en échapper grâce à la complicité d’un jeune lieutenant espagnol et après un long itinéraire à pied, s’orientant avec une boussole, il passe la frontière française. Il remonte à Lyon auprès de la Croix-Rouge polonaise, ce qui lui permet de subsister jusqu'en en avril 1942 où il se rend à Auch, au centre démobilisateur.

 

Auch, 4 mai 1942, démobilisation. Septembre 1942 - janvier 1943, lycée polonais de Villard-de-Lans puis Barcelone

Józef Wegrzyn s’est fait démobiliser le 4 mai 1942 à Auch, à près de 21 ans et demi. Il a été aligné en solde au grade de caporal-chef de réserve et a été prévenu de devoir se présenter tous les 15 jours à la gendarmerie de sa résidence. Il parvint à être admis au Lycée polonais de Villard-de-Lans [7]  pour la rentrée de septembre 1942. L'occupation de la zone libre par les Allemands, le 11 novembre 1942, modifia ses projets et, avec son camarade Ignacy Belina Brzozowski, ils décident début janvier 1943 de passer en Angleterre [8] : deuxième tentative. Visiblement leur projet n'aboutit pas, à moins qu'ils en aient changé en cours de route. Au terme d’un parcours qui les fera passer par Auch, Montluçon - où Józef se mettra en contact avec les parents de Witold Raginis [9] qui était un pilote de la RAF -, Châteauroux et Limoges, Ignacy et Józef parviennent à Perpignan : « À la Maison des Prisonniers de Perpignan une jeune fille française avec un visage balafré les a mis en contact avec l'Organisation d’Evasion polonaise en leur indiquant de contacter un Polonais avec un doigt bandé au restaurant de la station. Il s’agissait de l’Aspirant Konieczko qui, après leur installation, les amena dans une cachette polonaise où séjournait le colonel Jaklicz, puis intégra les deux hommes dans un groupe de Polonais qui sont allés [près] de la frontière espagnole [10]. » Ils passent en Espagne. À la gare de Figueras, Ignacy se fait arrêter tandis que Józef continue vers Barcelone mais se fait arrêter à son tour. Il déclare alors à la police qu’il s’appelle Joseph Dawson, un pilote canadien. Il est ramené à Figueras où la police prend ses empreintes et sa photo. Il s’échappe du commissariat puis, après avoir pris un train en direction de Gérone, il parvient enfin à Barcelone, le 24 janvier 1943. Le 24 avril, il quittera Barcelone pour se rendre en Andorre [11].

 

Mai 1943, Carlos s'installe à l'hôtel Palanques à La Massana et recrute deux personnes de confiance. Le guide Gérard Velez confirme le rôle de Carlos

Józef Wegrzyn, désormais Carlos, parvient en Andorre avec un sauf-conduit au nom de Luis Goricochea Tarín, un citoyen espagnol se rendant à Puigcerda. Là, il s'installe à l'hôtel Palanques qui appartenait à Francisco Molné ; il est ainsi à pied d’œuvre pour recruter des guides de confiance et sécuriser des itinéraires d'évacuation depuis l'autre-côté : l'Ariège notamment. Sur place, il recrute deux personnes dont les noms lui avaient été donnés par le Consulat britannique : Antoni Forné, alias Abogado et Alfred, ancien capitaine de l'armée républicaine, et Francesco Viadiu [12], alias Alexis et Viel, réfugié espagnol, ex-député au parlement Catalan, qui s'était installé à San Julià de Lorià. Antoni Forné précise la place et le rôle de chacun : « Nous avons été contactés séparément et nous avons été d'accord pour lui apporter notre collaboration. […] Viadiu est un homme intègre et un véritable démocrate. Ma mission était de choisir les guides, des hommes de confiance pour accompagner les hommes depuis la France jusqu’en Andorre, le long du port de Siguer, du Serrat, d’organiser leur hébergement, puis de les payer. Viadiu s'occupait de les accompagner à Barcelone. Carlos coordonnait l’ensemble, et en tant que chef du service il devait fournir les fonds nécessaires. » Gérard Velez a été avec Vicente Conejos un des guides qui a collaboré étroitement avec Carlos et le Consulat britannique. L'hôtel Palanques à La Massana était son point de chute. Il a laissé beaucoup d'informations dans les réponses qu'il a faites au MIS-X [13]. Le 2 juin 1946 Velez écrit [14] : « Pour Monsieur Carlos de la Massana (Andorre) c'était lui, désigné sous le consula Anglo Américain en avril 42 [il s'agit de l'année 43 ndlr], à nous donner les ordres pour venir retirer les convois des hommes pour les amener à Barcelone. Nous les guides nous venions en France trouver le Capitaine dit Henriette [15] qui nous livrer les hommes, jusqu'à la libération […] ». Gérard Velez a été arrêté en Espagne le 10 octobre 1944 alors qu'il venait de déposer 44 aviateurs anglo-américains au Consulat britannique de Barcelone. Il fut libéré le 26 novembre 1944 sur intervention du Consulat.

Il y a donc en Andorre, à La Massana, à compter de mai 1943, un service d'évacuation au profit des soldats polonais restés en France non occupée après l'armistice de 1940. Il s'agit en fait de la poursuite et de la fin d'un mouvement d'évacuation plus général commencé dès les lendemains de l'armistice et dirigé par le gouvernement polonais réfugié à Londres, afin de venir renforcer son armée. Lorsque cela se présentait des aviateurs anglo-américains étaient pris également en charge.

A sa tête Carlos est missionné pour prendre toutes initiatives afin de sécuriser les voies d'évacuation depuis la France, et en particulier depuis l'Ariège. Il détient et distribue les fonds ; il en fait la comptabilité et rend des comptes à Barcelone. C'est lui qui possède le code pour contacter le service d'évacuation en France. Il a une chambre à l'hôtel Palanques mais il est aussi parfois dans une cachette à la Borda del Cos près de San Julià ou bien quelquefois hébergé par Francesc Viadiu. Il se déplace avec une moto un peu pétaradante qui n'est pas sans avoir des soucis mécaniques. Il a pu paraître excentrique et imprudent. Il a 23 ans. Il est plein de courage. Cette filière est directement subordonnée aux services d'évacuation polonais établis clandestinement à Barcelone dont le chef est Zbigniew Slubicki alias Luis. Elle est liée au Consulat britannique de Barcelone avec à sa tête le Vice Consul Rupert Henri Beaumont. Ce sont ces derniers qui apportent les fonds nécessaires pour payer les guides, les convoyeurs, les hébergeurs.

Mais la filière d'évacuation de Carlos a aussi une ramification à Lourdes par le biais d'un certain Christian, d'André Chaye [16] et du capitaine Wladyslaw Brodnicki alias Henriette. A Lourdes se trouvaient des membres de l'I.S. et un état-major Polonais [17]. Depuis l'Ariège, la Haute-Garonne, d'autres guides ont mené des convois à Carlos, à l'hôtel Palanques et plus généralement en Andorre : Joseph Holgado dit Pepito, Pablo Torres, Miguel Alvarez, Vicente Conejos, Fernandez Jean dit El Tchato, Roubio Ramon, Léon Jabato, Virginio Diaz [18].

 

Un agent double avec un passeport polonais, ex-combattant des Brigades internationales

Fin septembre 1943, Carlos échappe à une arrestation à l'hôtel Palanques à La Massana. Gérard Velez, dans sa réponse en date du 2 juin 1946, fait état d'une intervention de la Gestapo, dans la nuit du 28 au 29 septembre 1943. Il écrit : « En octobre 1943, la Gestapo a envahi l'Hôtel Palanques de la Massana, nous ont pris 6 hommes polonais, le secrétaire qui parlait l'Anglais [19] de Monsieur Carlos a était déporté en France. Depuis cette époque Monsieur Carlos a quitté l'Andorre pour rejoindre le consulat Anglais à Barcelone. La dernière entrevue avec Monsieur Carlos c'était en avril 44, depuis cette date j'ai appris qu'il s'était retiré ; qu'il a été remplacé. […] [20] » C'est fin juin 1943 qu'un certain Antoni Gutzner alias Nikodeme ou Nicodème avait été envoyé auprès de Carlos par les services de Luis à Barcelone. Il devait établir une liaison avec des agents implantés à Lourdes. Dès le début, Carlos a été quelque peu méfiant et a pris des précautions avec Nicodème, d'autant que Luis avait lui-même émis quelques réserves [21]. Mais objectivement on ne pouvait rien lui reprocher. Antoni Forné, ancien Républicain de la guerre civile espagnole, n'a eu que des bons rapports avec lui ainsi qu'il le souligne : « Pour faciliter les liaisons entre nous et les Polonais en France, le service polonais de Barcelone et le consulat britannique nous ont envoyé un certain Nicodème, avec un passeport polonais, ex-combattant des Brigades internationales de la guerre civile espagnole et qui par conséquent a été choisi pour cette mission délicate. Il devait avoir environ 35 ans et parlait assez bien l'Espagnol. [...] Il nous a dit qu'il était venu d'Angleterre par le Portugal. Il est resté quatre ou cinq jours à l'Hôtel Palanques, à La Massana où je vivais et où Carlos séjournait et coordonnait le service d'évacuation. Nous avons eu des relations cordiales et nous avons parlé de nos expériences mutuelles pendant la guerre civile espagnole, en tant que combattants républicains. C'était un homme un peu nerveux et impulsif ; mais, avec moi, il était très attentionné et plutôt chaleureux. Il fut un bon guide et, muni d'un pistolet, il est allé en France, par le Serrat, pour établir un contact avec ses collègues polonais en vue de préparer des évacuations à venir. Il était, dans un sens, l'homme clé de cette opération. » Un véritable agent double.

Mais des oreilles polonaises vigilantes ont perçu quelques fausses notes et les yeux de Forné seront décillés par des évadés polonais que Nicodème venait lui-même de convoyer : « Quelques jours après avoir quitté la France, Nicodeme, dit Nico, est arrivé avec la première expédition de 10 hommes, accompagnés par le même guide qu'à l'aller. Je les ai logés dans une ferme près de Llorts. Immédiatement, le lieutenant polonais responsable du groupe m'a pris à part et m'a dit, ce qui m'a laissé stupéfait : nous avons été vendus ; Nico n'est pas polonais mais allemand, probablement un agent de la Gestapo, infiltré dans les milieux antifascistes comme ex-combattant des Brigades internationales [22]. » Le lieutenant dont parle Forné est très certainement le Lt Piotr Glowacki dont il est question dans le rapport de la RVPS [23]. Forné poursuit son récit : « Dans les discussions qu'il avait eues en France, le lieutenant polonais avait observé dans la prononciation de Nicodème un accent étrange qui a suscité sa méfiance ; ses soupçons n'ont fait que se conforter au cours de leurs échanges : l'homme n'était pas polonais mais allemand ! Lui et ses camarades n'ont pu en savoir plus sur ce Nicodème. Le lieutenant, a dit : « la vigilance de nos compatriotes polonais à Barcelone a été trompée par Nico parce qu'ils ne vivent pas dans le danger permanent, ils ne sont pas sur leur garde, ce qui n'est pas le cas pour nous en France. On a joué plus fin et on n'est pas tombé dans le piège. Il est nécessaire de prendre des mesures urgentes pour démasquer Nico, parce qu'il pourrait encore faire beaucoup de dégâts. »

Lors de l'intervention de la Gestapo à l'hôtel Palanques dans la nuit de 28 au 29 septembre 1943, la chambre de Carlos a été fouillée de fond en comble. C'est lui qui est recherché. Nicodème s'est introduit dans sa chambre car il savait très bien où pouvaient se trouver les documents compromettants, révélant le fonctionnement du service d'évacuation. Il pensait mettre la main sur Carlos, mais celui-ci était probablement à sa cachette de la Borda del Cos, à 2 km environ de San Julià de Lòria, d'où il avait l'intention d'emmener le lendemain à la Seo d'Urgell les cinq Polonais [24] qui furent arrêtés, cette nuit-là, avec Molné et Élias. Forné et le guide Vicente Conejos conduits par Molné, qui avaient récupéré les cinq polonais à Llorts en vue de les remettre à l'hôtel Palanques, échapperont à l'arrestation au terme d'une course poursuite en voiture sur une petite route de montagne [25]. A la suite de cette intervention, la personne du colonel Jaklicz fut connue des allemands puis cherchée et traquée. Il fut mis à prix : 100.000 frs puis 500.000 frs en janvier 1944. Mais l'organisation ne cessa de fonctionner malgré des arrestations fréquentes. Jaklicz finit par quitter le territoire français sur ordre catégorique de ses supérieurs, le 31 mai 1944. Il passera par les Pyrénées, sera arrêté à Ripolles puis parviendra à s'enfuir. Arrêté une deuxième fois, Il sera molesté, giflé et emprisonné à Figueras et Géronne avec l'aspirant Skrzypek [26].

 

Carlos se replie à Barcelone, relance de nouvelles voies d'évacuation et recrute deux Polonais

Cette intervention de la Gestapo portera un coup dur au service d'évacuation polonais mais il ne fut pas pour autant décapité. En l'absence de Carlos, il continua à fonctionner avec les guides habituels : Valerio a ramené quelques 60 polonais en Andorre et Clément Rivière 17 [27]. Carlos a trouvé un hébergement à Barcelone où il établit son nouveau quartier général et s'emploie avec Luis Slubicki à une réorganisation. Il visite la Seo d'Urgell tous les dix jours séjournant chez Tapias ou Fite et la taverne Fonda del Pensamiento sert de base au service. Les évacuations le long de la route de Pamiers sont relancées à la demande du lieutenant Konstanty Barzycki alias Jean et Kostek [28]. Carlos relance l'itinéraire Carcassonne – Puigcerda, qui contourne l'Andorre, avec de nouveaux guides espagnols. Un premier groupe de Polonais arrive par cette route fin novembre 1943 et, à peu près à la même date, vingt autres Polonais arrivent avec le guide Clément Rivière par la route Salies-du-Salat – Andorre.

C'est dans le cadre de ce redéploiement que Carlos recrutera à Barcelone, en octobre 1943, deux jeunes Polonais de l'ex-armée polonaise en France, qui comptaient passer en Angleterre : Tadeusz Rubach [29] et Jan Ziemkowski. Ils étaient partis par le train depuis Grenoble, le 31 août, et étaient arrivés à Barcelone via Pamiers, et l'Andorre. À Barcelone, ils devaient être contactés par un agent en vue de gagner l'Angleterre. Ils attendirent plusieurs semaines en arpentant les Ramblas puis : «  Enfin, quelqu'un se présente [...] [il] apparaît dans le petit jardin [c'est] un homme grand, trapu, brun avec une petite moustache typiquement espagnole et s’écrie d’une grosse voix : « Buenos dias, senores !  Et immédiatement, ce qui est extrêmement surprenant, il ajoute : Salut les gars, en polonais, mais avec un petit accent à peine perceptible. Nous le conduisons à l'écart, où il se présente : "Je suis Carlos". » Carlos leur dit que leur situation va être débloquée et leur demande de la patience et d'être vigilant. Un jour Carlos discute avec Rubach pour en savoir plus le concernant personnellement. Ce dernier n'est pas sans avoir quelques méfiances. Il écrit : « je ne sais pas vraiment avec qui je traite. Un Espagnol, un Polonais, un Français ? Je suis vigilant. Je ne sais pas où toute cette conversation va nous mener. Je suis surpris quand je devine chez lui une secrète satisfaction quand il découvre que je parle couramment le français. "Carlos", remarque mon inquiétude et, enfin, explique : Nous voulons vous proposer de rentrer en France. Et il ajoute : Nous avons besoin de quelqu'un de jeune, capable de marcher dans la montagne et parlant le français. […] Apparemment, il doit remarquer sur mon visage ma surprise, puisqu'il ajoute immédiatement : - Vous ne resterez pas en permanence en France. Vous y allez puis vous revenez avec un groupe d'évacués. Je vous garantis que vous finirez par rejoindre l'Angleterre. » Ainsi, Rubach et Ziemkowski retournent à Grenoble - chacun voyagera séparément - et doivent se mettre en rapport avec un certain Adam. « Qu'est-ce que je vais trouver à Grenoble ? Est-ce que Janek est déjà arrivé ? A-t-il averti Zosia ? Qui est "Adam" ? Quelles seront mes prochaines tâches ? La ville n’est pas si grande et en gros on connaît à Grenoble tous les Polonais, sinon personnellement ou de vue ou du moins par le nom. […] Bientôt nous devrions arriver à Grenoble. […] Nous sommes le 30 Novembre trois mois se sont écoulés depuis que nous avons quitté Grenoble. » Rubach retrouve Janek qui lui dit qu'Adam n'était pas n'importe qui dans la hiérarchie militaire polonaise : « Tu sais qui c’est demande Janek ? En guettant comment cela va m'impressionner, et avec une légère emphase il prononce en appuyant bien les sons : - L'ancien vice-chef d'état-major, le colonel Józef Jaklicz ! » Rubach est mis en relation avec Jaklicz, et une discussion sans paroles inutiles s'engage : « "Carlos" me fait savoir que vous voulez travailler dans la clandestinité. Puisque vous avez déjà une certaine expérience dans ce domaine, je vous propose de travailler avec "Ewa", c'est le nom de code de notre filière d'évacuation. Il s'agit d'une petite cellule dédiée aux polonais, pour rejoindre l'Angleterre depuis la France via l'Espagne. […] Est-ce que vous êtes d’accord pour faire ce travail ? Bien que "Carlos" ait mentionné qu’après avoir terminé la tâche il me passera en Espagne, et plus tard en Angleterre, sans hésitation, j'exprime mon accord. Je dois d'abord faire une prestation de serment puis ensuite des informations supplémentaires me sont données. Jaklicz poursuit : - Depuis longtemps déjà nous évacuons des polonais mais nos autorités supérieures à Londres nous demandent d'accélérer le rythme. […] Votre surnom de "Juan" est obsolète d'ailleurs, il ne serait pas bon pour la France. Quel surnom prenez-vous maintenant ? - Demande "Adam". Je propose le prénom très populaire en France de "Vincent". D’accord me dit-il ».

C'est après l'invasion de la zone libre, qui compromettait la sécurité des militaires polonais encore présents, qu'une nouvelle filière d'évacuation avait été mise en place pour activer les passages. Le colonel Jaklicz, qui avait succédé au général Kleeberg début décembre 1942, en prit la responsabilité. Assez naturellement elle fut appelée Ewa (Ewa, comme évacuation en polonais). Désormais trois lignes distinctes de la filière EWA en provenance de Grenoble aboutiront au pied des Pyrénées. Le parcours français est placé sous la responsabilité de trois convoyeurs polonais : Jan Ziemkowski, Tadeusz Rubach et Stanislaw Kawa, la suite du parcours sur Barcelone via l'Andorre étant sous la responsabilité de Carlos.

 

Février 1944, le début des ennuis avec la police espagnole

Le 25 février 1944, dix mois après son arrivée en Andorre, et après des résultats significatifs, malgré la présence de l'agent infiltré par la Gestapo, Carlos a commencé à avoir des ennuis lors d'un contrôle poussé au poste de garde de la Seo d'Urgell, entre l’Andorre et l’Espagne, en compagnie de Rubach qui va en faire le récit. Les évènements vont s'enchaîner et lui échapper. Des conditions météorologiques imprévisibles – chutes de neige retardant la circulation -, la police espagnole qui examine de près ses papiers et qui prend le temps de faire des recoupements, d'établir le lien d'identité entre Józef Wegrzyn et le pilote canadien Joseph Dawson !… Tout va contribuer à son arrestation, mais Rubach s'en sortira grâce à… des policiers français. « C’est là où tout va se résoudre. Dans un mauvais français il [le policier espagnol] nous demande nos noms puis déclare que nous serons remis… aux représentants de la France Libre. A Barcelone. D’abord, j’ai cru mal entendre. Voyant la surprise sur mon visage, il demande si cela nous convient. Je me maîtrise et réponds que oui, parfaitement. Devant nous, il téléphone aux Français et, une demi-heure plus tard, notre trio leur est « remis » en totalité. C’est terminé. Une fois encore je ne peux que constater que j’ai beaucoup de chance. Dès le début j’explique que nous sommes Polonais, que nous avons fui la France dans le but de rejoindre l’Angleterre. Les fonctionnaires français ne sont pas surpris que nous ayons caché nos nationalités. Ils ne posent aucune question, sont bienveillants et amicaux, se montrent compréhensifs en ce qui concerne notre situation, et nous demandent en quoi ils peuvent être utiles

Józef Wegrzyn a joué avec les noms d'emprunt comme un jongleur avec ses balles. Si ce fut pour des raisons bien compréhensibles, ces identités multiples lui auront joué un tour.

 

  

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[1]  Jozef Jaklicz (Cracovie 1894, Paris 1974) : Colonel de l'armée polonaise en 1939, il parvient à gagner la France où il sert dans l'armée polonaise reconstituée du général Sikorski, durant la campagne de 1940. Ne parvenant pas à rejoindre l'Angleterre, il se fixe à Grenoble où le gouvernement de Londres le nomme en décembre 1942 chef des militaires polonais internés en France (en remplacement du général Kleeberg), avec la mission d'organiser l'évacuation du plus grand nombre vers l'Afrique du Nord ou l'Espagne, à destination de l'Angleterre. En mai 1944, il est rappelé à Londres et devient responsable de la formation de l'infanterie polonaise. Démobilisé en 1947, il vient s'installer à Paris où il meurt le 3 juillet 1974, au grade de général de brigade.

[2]. Plus communément appelé Jimmy Beaumont.  Marie-Louise Dissard alias Françoise - cf note infra - avait conservé des liens d'amitié avec lui. Il avait la liste des noms des personnes évacuées. Les guides venant de l'Ariège et se rendant au consulat lui indiquaient le nom des aviateurs alliés convoyés. On ne sait pas ce que sont devenues les archives du Consulat britannique à Barcelone. Né à Athénes, le 19 avril 1913, il est décédé accidentellement à Dieppe sur le quai de débarquement, le 7 août 1949, coincé par la grue qui déchargeait sa voiture.

[3]. Andorra 7, n° 41. En 1979, le magazine catalan Andorra 7 a publié une série d'articles d'Antoni  Forné, qui avait été l'une des personnes, avec Francesc Viadiu, sur lesquelles Carlos s'était appuyé pour mettre en place l'organisation des évacuations. Quatre articles ont été publiés dans les numéros 41, 42, 43 et 44. En Espagne  Józef Wegrzyn se faisait appeler Carlos ; en Andorre plus souvent Luis, selon l'identité de son sauf-conduit pour entrer dans la Principauté : Luis Goricochea Tarin (RVPS, 15). À ne pas confondre avec son supérieur Zbigniew Slubicki qui se faisait aussi appeler Luis.

[4]. « La destruction de la Pologne est notre priorité. Le but n’est pas de progresser jusqu’à un point défini, mais d’annihiler toutes les forces vives […] Soyez sans merci ! Soyez brutaux […] Il est nécessaire d’agir avec le maximum de fermeté […] Cette guerre est une guerre d’annihilation », discours de Hitler, le 22 août 1939 devant les dirigeants de la Werhrmacht, in Richard C. Lukas, Forgotten Holocaust : The Poles Under German occupation, 1939-1944, Edité par Hippocrene Books, 1986, p.4.

[5]. « Dès leur passage de la frontière, les combattants ont été désarmés et internés par les autorités des pays concernés : 36 000 hommes en Hongrie, 23 000 en Roumanie, 21 000 en Lituanie et Lettonie, soit une force potentielle de 80 000 hommes. L’état-major français, très intéressé par ce potentiel de combattants aguerris et motivés, a tenté de les récupérer », L'Armée polonaise en exil dans la Deuxième Guerre mondiale. Le refus de la défaite,

[6]. « Le général Faury mit alors sur pied les filières d'évasion de Roumanie et de Hongrie vers la France : une filière "voie ferrée", une filière "voie maritime", une filière "par moyens pédestres". […] En six mois, plus de 20.000 officiers, sous-officiers et spécialistes gagnèrent ainsi la France. » Conférence prononcée par le fils du général Faury en 1986, Service historique de la Défense. Le général Faury organisera, sous couvert de tournées du secours national, organisme vichyste, des filières d'évasion polonaises en lien avec le colonel Jaklicz.

[7]. « Le lycée de Villard-de-Lans que M. Zaleski avait organisé en faisant une très large place aux enseignements artistiques tout en y faisant régner une discipine militaire, était tout désigné pour servir de paravent au camouflage de jeunes Polonais qui devaient gagner clandestinement l'Espagne », Archives nationales, Témoignage de M. Zygmunt Zaleski, recueilli par Mme Kaan en février 1963.

[8]. Rapport d'interrogatoire de Józef Wegrzyn à la RVPS (7), (Royal Victoria Patriotic School, paragraphe 7)

[9]. RVPS (8).

[10]. RVPS (9).

[11]. On ne sait rien de plus sur son activité durant les trois mois qui le séparent de son arrivée en Andorre.

[12]. Solsona (Espagne), 15 septembre 1901 - Sant Llorenç de Morunys (Catalogne), 28 septembre 1992. Francesc Viadiu, fut l'un des fondateurs en 1931 de l'ERC (Esquerra Republicana de Catalunya). Député de Lleida en 1932. Réfugié Catalan à Montpellier entre février 1939 et avril 1941 date à partir de laquelle il gagne l'Andorre et s'établit à Sant Julià de Lòria. Condamné en 1955 par les tribunaux militaires franquistes à 20 ans de réclusion, puis fut remis en liberté la même année. Auteur de plusieurs ouvrages dont Entre el torb i la Gestapo, Barcelona, Rafaël Dalmau, Editor 2000.

[13]. Military Intelligence Service - section X.

[14]. Orthographe et forme respectés. Réponse au major White chargé de centraliser à Paris pour le MIS-X, les questionnaires du Bureau de Recherche sur l'Aide Apportée aux Evadés Alliés (BRAAEA), dossier Helpers de Gérard Velez, National Archives and Records Administration (NARA), Washington, op. cit.

[15].  Capitaine Wladyslaw Brodnicki, Lwów, 19 août 1896. Chef du poste d'évacuation à Perpignan. Organise des passages par Quillan, Foix, Pamiers et Lourdes. A évacué environ 700 soldats polonais ainsi qu'un certain nombre de Français et soldats alliés, Service historique de la Défense.

[16]. Arrêté le 20 août 1943 à Lourdes par les Allemands avec son épouse Jeanne Larcade (décembre 1898), pour avoir facilité des passages clandestins vers l’Espagne. Détenus à Toulouse, torturés ils sont déportés l'un à Buchenwald, l'autre à Ravensbruck, Archives départementales des Hautes-Pyrénées et Service historique de la Défense. RVPS (21, 22, 23, 24, 35).

[17]. Archives départementales des Hautes-Pyrénées.

[18]. Ces informations son issues des réponses aux questionnaires des intéressés transmis au BRAAEA, op. cit.,  Archives départementales de la Haute-Garonne, Fonds Françoise.

[19]. Alexandre Kuznierz alias Elias, arrive en Andorre avec un groupe de polonais vers le 10 août 1943. Il avait passé beaucoup de temps aux Etats-Unis et ne parlait pas très bien le polonais, RVPS (32).

[20]. Dossier Helpers de Gérard Velez,op.cit. Carlos est arrêté par la police espagnole début mars 1944, puis libéré en juillet. "Brulé",  il rejoindra Gibraltar et Glasgow.

[21]. RVPS (21).

[22]. Antoni Forné, Andorra 7, op. cit.

[23]. RVPS (26) : Carlos a donné des instructions à Nikodeme pour aller auprès d'Henriette (avec d'autres directions) et se mit lui-même en route pour Barcelone vers le 1er août 1943, afin d'obtenir des fonds pour payer ses dettes envers ses guides. En attendant, le 31 Juillet 1943, le premier groupe de Polonais est arrivé avec Conejos le long du parcours de Pamiers, avec Glowacki Piotr alias Pierre, qui avait été envoyé par Henriette comme courrier pour coordonner l'évacuation. L'ensemble du groupe a été mis en place dans la cachette à Llorts. Avec ce groupe, est arrivé un prêtre polonais avec le grade de major - Stolarek - il avait été parachuté depuis le Royaume-Uni et il se rendait à Barcelone d'où Luis l'a emmené à Madrid.

[24]. RVPS (43)

[25]. Au départ de France les Polonais étaient six. L'un d'eux a péri d'épuisement et de froid avant d'arriver. Molné, arrêté, sera conduit à Toulouse. Il sera libéré sur intervention de proches.

[26]. Dossier Jaklicz, Service historique de la défense.

[27]. RVPS (50).

[28]. RVPS (50). Konstanty Barzycki, né à Rachny (Pologne), le 14 mars 1913, Chef de la filière polonaise Ewa. Sérieusement blessé au cours de la campagne de France. En mai 1944, commande le bataillon Warszawski, Isère-Savoie, Service historique de la Défense. Son PC était à Aix-les-Bains.

[29]. Tadeusz Rubach a publié à Varsovie en 1973 aux éditions Czytelnik, Z Ewa przez Pireneje, Avec Ewa à travers les Pyrénées. En introduction il explique que pour étayer et documenter son récit il a cherché a retrouver Carlos qui en savait plus que lui, mais en vain. Il n'a pas su que Carlos était alors à... Paris. Les passage qui suivent sont extraits du chapitre 2 : Grenoble – Barcelone, p. 77 à 112.

[30]. T. Rubach, op. cit., p. 176-181, traduction Christina, Villard de Lans.

 

 

 

 

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10/12/2017
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