Résistance polonaise en Saône-et-Loire

Résistance polonaise en Saône-et-Loire

1919 - Libérés du camp de prisonniers allemands d'Abbeville

 

07 septembre 2023

 

Une découverte : les premiers Polonais arrivés à Montceau fin 1919 étaient des soldats de l’armée allemande libérés d’un camp anglais.

 

 

En consultant les registres d’embauche des mines de Blanzy (*), nous avons établi il y a plusieurs années que l’immigration massive des ouvriers polonais avait commencé le 19 novembre 1919 par l’arrivée d’un premier groupe de 137 ouvriers, embauchés comme manœuvres et affectés aux différents puits... (Voir article correspondant ICI ). Ils allaient immédiatement être suivis de 13 autres le lendemain 20 novembre, puis d’une centaine encore le 12 décembre, portant à 250 le nombre de Polonais recrutés en 1919.

 

Nous avions pu en savoir plus sur deux d’entre eux, qui font l’objet d’un article précédent de respol71 :

 

  • Franciszek Staniewski (article ICI ), né en Pologne en 1895. Les documents rassemblés sur lui et transmis par son fils nous apprenaient qu’enrôlé dans l’armée allemande en 1914, alors qu’il travaillait déjà dans les mines du nord de la France, il s’était rendu aux Anglais en 1915 et avait passé le reste de la guerre dans un camp de prisonniers à Abbeville. C’est de là qu’il était parti pour aller travailler à Montceau en 1919.

 

  • Andrzej Majchrzak (article ICI ), né en 1898 en Galicie, près de Przemysl, partie orientale de la Pologne alors occupée par l’empire austro-hongrois.  En 1914, il avait été enrôlé dans son armée et fait prisonnier par les Anglais à Ypres, en août 1917.

 

Cette coïncidence avait attiré notre attention, et nous concluions ainsi l’article concernant Majchrzak : « Se pose une vraie question d’historien : les embauchés du premier groupe du 19 novembre 1919 étaient-ils, tous ou en partie, des prisonniers de l’armée allemande affectés (aux mines de Blanzy) à leur libération, plutôt que des volontaires bénéficiaires de la convention d’émigration ? ».

Déjà, la date d’arrivée (le 19 novembre) était si proche de la signature de la convention inter-gouvernementale d’émigration (le 3 septembre 1919), qu’on avait du mal à imaginer que les procédures d’application aient déjà pu être activées... En outre l’homogénéité d’âge des 137 arrivées, tous nés entre 1887 et 1899, était assez cohérente avec une origine militaire.

 

Cependant la fermeture aux chercheurs du centre d’archives de Noyelles-sous-Lens ne nous avait pas permis de retrouver les dossiers personnels et de conclure...

 

C’est chose faite aujourd’hui, car Frédéric Lagrange, président du Musée de la Mine de Blanzy (association la Mine et les Hommes), a trouvé la réponse dans le registre des rapports semestriels d'exploitation des Mines de Blanzy, concernant le second semestre 1919 :

 

« Pendant le 2ème semestre nous avons pu relever notre effectif grâce à la démobilisation des jeunes classes (1913 à 1917) (ainsi qu’à) l’emploi de la main d’œuvre étrangère. Dans cet ordre d’idée, il faut signaler l’arrivée, à la fin de novembre, de 250 Polonais venant du camp anglais d’Abbeville.

Au 31 Xbre (= décembre), le nombre total d’ouvriers étrangers est de 394... »

 

Tous les Polonais embauchés en 1919 aux mines de Blanzy étaient d'anciens soldats de l'armée allemande, faits prisonniers par les alliés et enfermés au camp d'Abbeville, sous la garde de l'armée anglaise...

 

 

(*) Les archives du personnel de l'ensemble des anciennes compagnies minières étaient jusque là conservées par l'ANGDM - agence nationale pour la garantie des droits des mineurs -, sur le site de Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais). La décision a été prise de les éclater et de les transférer aux archives départementales correspondant à chacune de ces compagnies... On pourra donc consulter à nouveau celles du Bassin de Blanzy à Mâcon... Quand ?

 



07/09/2023
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