Résistance polonaise en Saône-et-Loire

Résistance polonaise en Saône-et-Loire

Cecylia SKOCZEK, l'activiste dévouée

GS - 2020-11-22

 

Cecylia vers 1940

 

La famille Skoczek a déjà été évoquée sur respol71, en la personne de Mieczysłlaw Skoczek, frère cadet de Cecylia qui fut le premier tué de la résistance polonaise[1] - Lien ici. Il était né en 1924, elle en 1921.

 

A la veille de la guerre, les Skoczek vivaient aux Gautherets (commune de Saint-Vallier) au 135/2 rue de la République. Arrivés dans le bassin minier en 1921 avec un seul enfant, les parents allaient en avoir neuf autres en France, dont la première, Cecylia, allait naître à Montceau (quartier Barrat) le 5 août 1921. Insigne honneur, le lendemain en mairie de Montceau, c'est le maire Jean Bouveri en personne qui signa l'acte de naissance.

 

 

Elle connut le destin des gamines polonaises du quartier avec la particularité que, ainée des filles, elle allait jouer un rôle de plus en plus important dans les tâches domestiques, pour seconder la mère accablée par ses maternités successives.

 

Jours heureux d'avant-guerre : en famille, Cecylia avec les plus petits

 

Comme il n'était pas rare pour les jeunes filles de l'époque, elle passa ensuite quelque temps à Paris, comme bonne de maison dans une famille bourgeoise. Avec  tous les membres de la famille, elle reçut la nationalité française par décret du 8 février 1939.

Alors que le frère ainé Antoni  (né en Pologne, en 1919) s'était marié en  1939, Cecylia épousa le 29 août 1942 un jeune Polonais de son quartier, Emil Sajdak.

 

 

La famille était toute entière acquise à l'idée de participer à la lutte contre les Allemands, les frères les plus âgés, mais aussi le père, étaient en contact avec le premier noyau que la MOI avait implanté autour des puits Darcy. C'est ainsi que Mieczysław (diminutif Mietek) avait été recruté dans le premier groupe de combat autour de "Gaston" et s'était retrouvé au maquis avec les Russes  (revoir L'affaire Gaston), c'est ainsi aussi qu'ils comptaient parmi les quelques gens sur qui pouvait compter "Łapka", le vieux cocher du puits Darcy, responsable de la MOI pour le secteur, pour qui Cecylia servait occasionnellement de  liaison, tout comme sa voisine Zofia Kokot.

 

 

La famille Skoczek brûlée par un vol de veaux

 

Au petit matin du 5 mars 1943, M. DAVIGNEAUD, un paysan habitant Laugerette, sur la commune de Sanvignes, découvre dans son pré le spectacle navrant des dépouilles de deux veaux, dont les parties comestibles ont été enlevées durant la nuit. C’est ainsi qu’on procède alors pour voler le bétail, veaux ou moutons ; la bête est tuée, dépecée et découpée sur place, facilitant le transport des seules parties utiles. Aussitôt alertés, les gendarmes de Montceau sont dirigés, on ne sait par qui, vers le domicile de la famille Skoczek qui vit non loin de là, au quartier des Gautherets. A leur arrivée dans l'appartement ne sont présents que les parents, avec leurs enfants les plus jeunes, Wladek 10 ans, Feliksa 9 ans à peine, Józef 7 ans et Natalia 4 ans ainsi que deux jeunes femmes, la fille Cecylia (21 ans) et la brue Anna Rzadkiewicz (21 ans), l’épouse d’Antoni, accompagnée de son fils Julien de 2 ans.

 

La perquisition est facile, car à l’étage, dans la pièce que Cécile occupe avec son jeune mari, Emile Sajdak (23 ans) qu'elle a épousé six mois plus tôt,  sont étalés des morceaux de viande ; le reste des veaux se retrouve au logis d'Antoni et d'Anna, qui est immédiatement visité  à Montceau…

Les gendarmes embarquent donc les jeunes femmes qui sont accusées de recel, mais aussi le père de famille, Józef  Skoczek, 48 ans et son épouse Marianna, qui déclarent pourtant tout ignorer de la conduite de leur fille et de leur brue. Un autre fils, Eugeniusz, 16 ans, a la malchance de rentrer alors à la maison et est pris ; pour faire bonne mesure, un voisin, Pierre Gołąb (27 ans) est emmené aussi, accusé de recel de malfaiteur, sans doute car l'un ou l'autre avait tenté de se cacher chez lui.  Gros émoi dans le quartier car la maison va rester sous la seule responsabilité de la jeune Feliksa qui, durant plusieurs jours va devoir s’occuper des plus jeunes. Les arrêtés sont gardés d'abord à la gendarmerie de Montceau, puis conduits à la prison d'Autun, où ils arrivent le 8 mars. Seule Marianna reste à Montceau et va refuser de s’alimenter jusqu’à être finalement relâchée pour s’occuper de ses enfants.

 

Par contre les hommes n’ont pas été pris ; ils sont maintenant tout désignés pour avoir fait le coup et un avis de recherche est lancé contre eux, visant les trois fils Skoczek les plus âgés (Antoni, Julian et Mietek) et leur beau-frère Emil Sajdak. L'avis, daté du 6 mars 1943, est  signé par le maréchal-des-logis-chef Babillotte, commandant provisoirement la brigade de gendarmerie de Montceau ; il se termine par cette phrase inquiétante :

 

« Ces individus pourraient être recherchés dans les services de la main-d'œuvre pour l'Allemagne où ils seraient susceptibles de s'embaucher[2] ».

 

Notons que le délit n'a aux yeux des gendarmes aucun caractère de résistance ; mais en mars 1943, on est au tout début de l'application par les autorités de Vichy de la politique du Service du Travail Obligatoire (STO) et toutes les occasions sont bonnes pour livrer de la main d'œuvre aux Allemands dont les demandes se font pressantes.

Les recherches n’allaient pas être totalement fructueuses, car les trois frères Skoczek allaient y échapper. On peut supposer qu’ils trouvèrent refuge dans une campagne voisine car ils restèrent en contact avec la famille.

Le mari de Cecylia, Emil Sajdak, eut moins de chance car il fut capturé et immédiatement remis au service du travail allemand qui l’expédia dans le cadre du STO. D’après sa fiche médicale de retour[3], il serait arrivé en Allemagne dès le 15 mars 1943. Il semble que le même sort frappa Henryk, le frère d’Anna Rzadkiewicz dont le nom fut ajouté aux suspects. Dès lors, la famille Skoczek prétendit autour d’elle que ses trois fils Antoni, Julian et Mietek avaient subi le même sort, ce qui constituait une excellente couverture à leurs activités clandestines, pour autant que les autorités ne mènent pas de vraie enquête.

 

C’est dans son audience du 21 avril 1943 que le tribunal correctionnel d’Autun examina l’affaire du vol des veaux[4]. A ce moment étaient toujours détenus préventivement le père, Józef Skoczek, son fils de 16 ans Eugeniusz, sa fille Cécylia et sa belle-fille Anna. Le voisin Piotr Gołąb avait été libéré dès le 22 mars. A l’issue du procès, les quatre autres furent libérés sur le champ (21 avril) : l’innocence de Józef fut reconnue et il fut relaxé ; Eugeniusz fut acquitté en raison de son jeune âge, pour non discernement ; Cecylia Skoczek et Anna Rzadkiewicz furent condamnées à quarante jours d’emprisonnement pour recel, durée couverte par la détention préventive ; Gołąb écopa de 15 jours de prison, déjà accomplis.

Quant aux hommes, les trois fils Skoczek, Sajdak et Henryk Rzadkiewicz, ils bénéficièrent d’un sursis à statuer, leur absence étant portée à leur envoi en Allemagne qu’accréditait ainsi la justice française..

 

Cecylia rêvant d’Emil, une création romantique

du photographe Hériot de Montceau (printemps 43)

 

Les dessous du vol : droit commun ou résistance ?

 

Depuis la fin 1942, l'organisation communiste polonaise de résistance, rattachée à la MOI, assurait l'hébergement fréquent de résistants pourchassés en provenance surtout du Nord / Pas-de-Calais, puis d'évadés soviétiques des camps de travail allemands. En mars 1943, on préparait en outre l’implantation d’un permanent, ancien mineur d’Hersin-Coupigny, responsable communiste de la région de Lens, du nom de Władysław Kudła. Cette mission imposait de difficiles problèmes de ravitaillement dans une situation de pénurie alimentaire et de contrôle administratif du commerce par des tickets de rationnement. Pour contourner les difficultés l'action illégale devint un moyen courant de se procurer des marchandises. Soulignons que triche et chapardage étaient également fréquents parmi la population et que bien souvent les actions des résistants allaient être bien difficiles à distinguer dans la masse des délits constatés.

Nous ferons donc crédit aux Skoczek d’avoir, là, volé des veaux pour la cause, peut-être en vue de l’installation du permanent…

 

 

Cecylia emprisonnée à nouveau pour escroquerie

 

Après sa sortie de la prison d'Autun, le 21 avril 1943, Cecylia ne cessa pas ses activités pour la Résistance. Les tâches confiées par « Łapka » s’intensifièrent au contraire et elle colporta régulièrement tracts et presse clandestine, assurant en particulier la répartition entre les diffuseurs locaux. Elle s’occupait aussi de la propagande et du recrutement des jeunes du quartier, sous prétexte de sorties champêtres ou de rencontres à son domicile.

Dès octobre, à la création du maquis où était parti son frère Mietek, Cecylia se joignit à ceux qui organisaient le soutien aux maquisards parmi la population du quartier, par des collectes d’argent, de tickets d’alimentation, de médicaments… Le responsable en était Jan Myskowiak et Zofia Kokot en livrait le fruit à Saint-Loup-de-la-Salle où cantonnait le plus souvent les maquisards.

 

Seulement, Cecylia n’allait pas en rester là et, à l’instigation de « Łapka » en vue de récupérer plus d’argent pour le maquis, elle se trouva impliquée dans une sombre histoire de détournement d’allocations. A l’automne 1943 en effet, pour accroître l’acceptabilité du travail en Allemagne, les familles des travailleurs volontaires purent recevoir une indemnité sous condition de produire une « carte verte » valant procuration de leur parent employé dans le Reich. Cécile fut chargée de tourner le dispositif au profit de l’organisation MOI en  s’efforçant de collecter de telles « cartes vertes » envoyées d’Allemagne et d’en changer le bénéficiaire.

 

Elle eut un jour le mauvais réflexe d’en mettre une à son nom, ce qui attira l’attention de la police. On retrouve la trace de cette affaire dans le registre de main-courante du commissariat de Montceau[5], en date du 24 septembre 1943 :

 

« Ce jour à 18 heures, sur ordre du brigadier Charles (…. nous nous rendons au numéro x )  de la rue d’Arsonval à la Saule, chez une nommée Andrzejewska, au sujet d’une procuration remise à une nommée Sajdak Cécile demeurant 135 avenue de la République, aux Gautherets, avec laquelle cette dernière peut toucher l’argent gagné par la fille d’Andrzejewska travaillant en Allemagne depuis avril 1943. Nous nous sommes rendus au domicile de cette nommée Sajdak, laquelle devait nous dire si elle était en possession de cette procuration, le résultat de notre enquête devant être téléphoné à Mr. Lyautey, tel 855 à Chalon/s/Saône. Les sus-nommées n’étant point à leur domicile, nous les avons convoquées à la disposition de M. le secrétaire Gillot (pour demain matin 9h30) qui est au courant de cette affaire.

D’autre part, M. Lyautey nous avait demandé également de savoir si la mère de Mme Sajdak était allée à Chalon le 22-9-43, ses enfants nous ont répondu par l’affirmative ».

 

Le juge d’instruction de Chalon-sur-Saône est alors saisi et le 15 octobre 1943, il transmet un mandat d’amener à la gendarmerie de Montceau[6]. Cécile Sajdak-Skoczek est arrêtée chez elle le lendemain ; placée sous la garde du gendarme Thavaud, elle est conduite à Chalon et immédiatement écrouée à la prison locale. Elle y restera deux mois, jusqu’au jour de son procès pour escroquerie, qui se tiendra le 17 décembre 1943 ; elle est condamnée à trois mois de prison, mais assortis du sursis, ce qui lui permet d’être immédiatement libérée[7].

 

 

Janvier à septembre 1944 - Cecylia Skoczek, agent de liaison nationale de la MOI

 

C'est dans sa cellule de la prison de Chalon que Cecylia avait appris la mort de son frère Mietek au maquis. A sa libération, le 23 décembre 1943, à la veille de Noël, elle retrouve le foyer des Gautherets plongé dans la désolation. Il n’est plus question pour elle de se livrer à aucune activité illégale. Plus radicalement, le responsable local « Łapka » jugea que pour la sécurité de tous, elle devait quitter le bassin minier. Elle fut donc mise à disposition de l’organisation nationale, la section polonaise de la MOI, et partit pour Paris. Elle allait désormais y être connue sous le pseudonyme de « Monika ». Son départ coïncida avec celui de son camarade du Magny, Stanisław Stemplewski, devenu « Fred », qui avait été remarqué par les responsables parisiens ; on lui confiait la très stratégique mission de rentrer dans le triangle national de direction d’une nouvelle organisation, l’Union de la jeunesse polonaise Grunwald  (ZMP Grunwald).

 

La vie de Cecylia entre janvier 1944 et la Libération est retracée dans plusieurs documents : elle a elle-même laissé des écrits, en France et en Pologne ; en outre un livre édité en 1977 à Varsovie par le ministère de la Défense nationale[8] (« les Polonaises dans la Résistance ») , détaille cette période de sa vie, où elle mène de dangereuses missions d’agent de liaison de la direction nationale de la MOI entre Paris et le Nord / Pas-de-Calais.

 

Nous produisons ci-dessous quelques moments de cette aventure, extraits d’une longue biographie de Cecylia Skoczek écrite par sa soeur Feliksa au lendemain de sa mort, en 1990, et conservée au Musée historique de la ville de Gdansk.

 

« … (après sa sortie de prison, le 23 décembre 1943) sur proposition de Łapka, Cecylia a été envoyée à Paris en tant qu’agent de liaison du bureau polonais auprès de l’état-major des FTPF. Elle est partie à Paris en même temps que Stanisław Stemplewski ps. Fred, qui allait prendre le poste de président du bureau général de ZMP Grunwald en France. Pendant le voyage, ils étaient sous la protection de Wanda Wypych ps. Helena, autre agent de liaison du bureau. A Paris, Monika (pseudonyme de Cecylia) en plus de ses fonctions de résistante est salariée du bureau. Elle est rémunérée à ce titre mais son salaire est très modeste. Elle ne peut pas compter sur l’aide de sa famille, très éprouvée, le père de Cecylia devant subvenir aux besoins de ses jeunes enfants.

Dans ses mémoires, Cecylia ps. Monika évoque sa rémunération :

« Pour exprimer en quelques mots ma situation et celle de mes camarades, je dirais qu’à Paris j’étais affamée au point de m’évanouir en passant près d’une boulangerie d’où sortait l’odeur du pain en train de cuire ».

La principale mission de  Cecylia consiste désormais à assurer la liaison entre le bureau (parisien) et les organisations sur le terrain, c’est-à-dire à assurer le colportage des documents et des décisions qui leur sont destinées et à ramener leurs rapports à Paris. A Paris, Monika avait comme chefs et collaborateurs : Jan Blacha ps. Grzegorz, Eugenia Łozińska ps. Teresa, Władysław Kudła ps. Wacek, Michał Miluskiewicz ps. Marcin, Józef Siwek ps. Siwek, Bolesław Maślankiewicz ps. Bolek, Renée Lasota ps. Jan, Stanisław Stemplewski ps. Fred et bien d’autres dont les noms ne nous sont pas connus.

Le travail d’agent de liaison était difficile et très dangereux : chaque mission représentait un danger de mort. De nombreuses péripéties vécues par Monika sont  évoquées dans deux chapitres d’un livre consacré à la Résistance en France.

Parmi ces aventures, deux ont particulièrement marqué Monika. Elle les décrit dans ses mémoires :

« Je devais transporter à Lens, une ronéo, dans deux valises. J’étais très chargée, le train partait très tôt et j’ai dû courir pour ne pas le rater. Je n’ai rencontré personne dans les couloirs du métro et j’avais peur que le train soit déjà parti. Arrivée  à un carrefour souterrain, j’ai frémi : il y avait de nombreux policiers, en uniformes  allemands et français, et ils me regardaient tous. Il fallait agir vite pour ne pas se compromettre. Je me suis dirigée vers les uniformes français, sachant que parmi les policiers il y avait également des nôtres. Je ne me suis pas trompée : ils ont commencé à rigoler, à donner des coups de pied dans mes valises en demandant ce qu’elles contenaient. J’ai répondu : un cochon pour le marché noir. Ils m’ont cru et un Français m’a demandé de filer dans le train avec le cochon. En me dirigeant vers le train, j’ai réalisé la situation - un cochon en provenance de Paris, le contraire aurait eu plus de vraisemblance – et mes jambes ont fléchi. J’ai pris le train mais je n’arrivais pas à me calmer pendant un bon moment. Mon visage changeait de couleur et tous les voyageurs me regardaient. J’ai pu retrouver mes esprits après avoir laissé mes valises dans un autre compartiment. A la gare de Roubaix, j’ai été arrêtée avec mes bagages lors d’une rafle et on m’a demandé d’ouvrir la valise. Au même moment, un attroupement dans la gare a attiré l’attention des policiers et des SS et j’ai pu partir avec quelqu’un. Cet attroupement avait été provoqué par une personne venue me chercher à la gare avec la ronéo. »

 

Une autre aventure a profondément marqué Monika. Elle rentrait du terrain après avoir fourni des documents et réceptionné des rapports quand la gare de Douai, dans le Nord, où elle attendait son train pour Paris, a été bombardée. Monika a été ensevelie sous les gravats. Dans l’hôpital où elle avait été transportée, on a constaté qu’elle était devenue sourde (pour plus de deux semaines)[9]. Malgré le choc, elle a pu échapper à la vigilance des infirmières, s’est évadée et, après plusieurs correspondances, très éprouvée, elle a regagné Paris avec ses rapports.

A la fin de l’occupation, Monika était à Paris et a participé à l’insurrection… "

 

Cecylia revint ensuite fréquemment à Montceau, en particulier le 25 octobre 1944 pour assister aux obsèques simultanés de deux de ses frères, Mieczyslaw (20ans), tué par un maquisard Russe, dont le corps venait d'être ramené du cimetière d'Ecuelles à 80 kilomètres du bassin minier, et Jan (16 ans) tombé malade au maquis et mort chez ses parents quelques jours auparavant.

 

- Enterrement des frères Skoczek, chapelle des Gautherets - 25 octobre 1944 -

 

Mais la place de Cecylia était désormais à Paris où elle resta à disposition de l'organisation communiste polonaise en France (alors dirigée par le PPR = parti ouvrier polonais). Elle fut d'abord employée au bureau de recrutement pour les groupes armés issus des FTP-MOI qui allaient devenir les 19ème et 29ème GIP (groupements d'infanterie polonaise), plus tard intégrés à la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny - voir ICI.

Elle passa ensuite au service de la presse : dès octobre 1944 paraît l'hebdomadaire Niepodległość (l’Indépendance), destiné à la diaspora polonaise ; c'est la reprise d'un journal clandestin publié sous l'occupation, qui connaît toutes les difficultés de l'heure : manque de moyens, de papier, de rédacteurs… Quand la situation s'améliore, il se transforme en un quotidien, Gazeta Polska, beaucoup plus professionnel. Cecylia Skoczek «  Monika » y reste jusqu’en septembre 1946, date de son départ définitif pour la Pologne… Mais on entre dans une autre histoire.

 

Cecylia Skoczek - années 70 en Pologne

 

Cecylia Skoczek mourra à Katowice en 1990, en même temps que disparaissait le régime communiste.

 

 

 

 

[1]   Mieczyslaw, né en 1924, était membre du maquis russo-polonais de Saint-Loup-de-la-Salle. Il fut tué le 20 novembre 1943, abattu par un Soviétique au cours d'une altercation au sein du maquis. Voir l'article dans la section Evénements/Le temps des maquis ICI .

[2]    SHD Gendarmerie 71E661.

[3]   SHD BAVCC, dossier personnel d’Emil Sajdak

[4]   ADSL 3U4495

[5]   ADSL  2547W5

[6]   ADSL 1W1260

[7]   Voir tous détails au registre d’écrou de la prison de Chalon, ADSL 1328W22

[8]   Krystyna Kozłowska, Polki w Résistance, éditions Ministerstwa Obrony Narodowej, Warszawa 1977.

[9] Cecylia allait toute sa vie supporter les séquelles de cette affaire : déformation cardiaque, impossibilité d’avoir un enfant.

 

 

 

 

 



19/11/2020
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