Mieczyslaw Bargiel, commandant du bataillon Mickiewicz

 

 

 

 

Mieczyslaw Bargiel est né le 26 août 1920 à Zagorze, en Silésie, près de Sosnowiec. Il est le troisième enfant de la famille de Wladyslaw Bargiel  et Katarzyna Krupa. La famille émigre en France en 1923 et s'installe dans le bassin houiller de Montceau-les-Mines, où le père est embauché comme ouvrier-mineur aux mines de Blanzy, division du Magny ; ils sont bientôt logés dans le nouveau quartier des Gautherets, qui est en train de devenir une "petite Pologne" en terre bourguignonne. Trois autres enfants naîtront en France.

 

Le 18 avril 1934, Mietek entre à la mine comme trieur de charbon au puits Laugerette.

 

 

« Roger », officier

de l’armée polonaise

 

La famille est très intégrée à la vie associative locale, influencée par la paroisse polonaise et par les instituteurs de l'école franco-polonaise mise en place par la compagnie. Mieczyslaw est membre du cercle théâtral catholique Kolo Amatorskie Wesolosc.

 

 

- 1938 : le futur "Major Roger" à la troupe théâtrale des Gautherets -

(2ème rang debout, 3ème à partir de la G) 

  

 En 1938, à leur demande, les parents et les six enfants sont naturalisés français. A la déclaration de guerre, Mieczyslaw échappe à la mobilisation dans l'armée française, mais ses deux aînés partent au front. Le plus âgé, Tadeusz, est fait prisonnier et ne rentrera qu'en 1945 ; le suivant, Zénon, né en 1919, est tué le 14 juin 1940.

 

Mietek se marie à Montceau-les-Mines, le 25 octobre 1940,  avec Helena Majerowska  et réside désormais dans le quartier du Magny ; une petite fille, Krystyna, leur naît l'année suivante. Le 2 août 1941, il est affecté au fond, au puits Darcy.

 

Il se met alors à fréquenter les militants polonais de la MOI, qui s'implante dans la région de Montceau-les-Mines. Il est d'abord intégré au groupe de jeunes du quartier du Magny, que dirige Stanislaw Stemplewski. C'est là que Mieczyslaw Bargiel devient membre du parti communiste.

 

 

Zenon Bargiel,

tué sous l’uniforme français

 Le groupe mène une action de propagande et participe à plusieurs sabotages (écluse du canal du centre, train évacuant le charbon de la mine) ; il participe à l'organisation de la grève des mineurs d'octobre 1943. Lorsque, en janvier 1944, Stanislaw Stemplewski est appelé à Paris pour entrer au triangle national de direction de la "jeunesse Grunwald", sous le pseudo de "Fred", c'est Mieczyslaw Bargiel qui prend la tête du groupe de quartier ; il se prépare à entrer au triangle de direction de la "jeunesse Grunwald" de l'ensemble du district montcellien.

 

Mais en février-mars 1944, plusieurs vagues d'arrestations, menées par la police de sûreté de Dijon, frappent les milieux résistants du bassin minier, et en premier lieu les Polonais des cités de Darcy et du Magny. Se sentant menacé, Mieczyslaw Bargiel part alors rejoindre un petit groupe de Polonais déjà réfugiés au maquis depuis octobre 43.

A l'arrivée de Bargiel, ce groupe rejoint l'embryon de maquis F.T.P. français "Valmy" qu'organise Louis Boussin, pseudo "Charlot", mineur communiste et jusque là chef d'un groupe F.T.P. sédentaire.

 

 

Les Polonais sont bientôt regroupés dans une compagnie spécifique, dont Bargiel reçoit le commandement, sous le pseudo de "Roger". Tout en restant rattachés au maquis de "Charlot"", les Polonais sont en réalité sous le contrôle politique de l'organisation FTP-MOI, dont le responsable régional est Boleslaw Maslankiewicz (voir sa biographie).

 

C'est à ce titre qu'après la bataille d'Uchon (15-16 juin 1944), par laquelle les Allemands dispersent les maquis FTP, la compagnie polonaise est fusionnée avec un maquis MOI d'évadés soviétiques qui se déplaçait depuis plusieurs mois aux confins de la Côte d'Or, de la Saône-et-Loire et de la Nièvre. Bargiel garde le commandement d'un effectif total, russo-polonais, fort d'une petite centaine d'hommes qui agissent, de façon éclatée, sur un vaste périmètre en Nièvre et Saône-et-Loire.

Fin juillet, la situation militaire évoluant et de nombreux volontaires affluant à nouveau au maquis,  la direction FTP transforme le maquis "Valmy" en régiment "Valmy", écartant de son commandement les éléments non communistes. Bargiel entre au triangle de direction, aux côtés de "Charlot" et d'un commissaire politique "Dupré", envoyé par la direction régionale de Dijon. Les Polonais constituent l'un de ses bataillons ; c'est le 9ème bataillon FTP de Saône-et-Loire, qui reçoit le nom de "bataillon Mickiewicz". Le bataillon du commandant "Roger" compte alors 450 combattants, et participe aux combats de la libération, en particulier à la bataille d'Autun (7 au 10 septembre), qui achève la libération du département.

Le "bataillon Mickiewicz" s'intégrera début 1945 au 19ème Groupement d'Infanterie polonaise au sein de la 1ère armée française, qui sera démobilisé à Varsovie en novembre 1945.

 

   

- Quelque part après la libération de la S&L -

 

UN LECTEUR PEUT-IL PRECISER LE LIEU, LA DATE, LES PERSONNAGES ?

 

Mais Bargiel n'est plus alors à sa tête, car en février 1945 il a été appelé à Paris pour occuper une fonction au sein du Bureau militaire de la délégation en France du gouvernement provisoire de la République polonaise, comprenez par là le nouveau pouvoir communiste  (le "Comité de Lublin"). Il rentre précipitamment en Pologne le 20 août 1945 et y amorce une carrière d'officier de renseignement, qui le mène au grade de colonel (1965). En 1973, on le retrouve au poste de premier secrétaire de l'ambassade de Pologne à Berne.

En 1981, Mieczyslaw Bargiel est fait par la France commandeur de l'ordre national du Mérite. Il meurt à Varsovie, le 29 juin 1984.

 

 

 

 

En 1963 à Varsovie, Mieczyslaw Bargiel a publié, aux éditions du ministère de la Défense nationale, un livre Nasz Batalion (= notre bataillon) qui retrace de façon assez convenue l'histoire du maquis FTP polonais de Saône-et-Loire.

 

 

 

 



01/02/2011
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