Heureux Noël 1936

 

 

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La scène se passe chez les époux PIETRZAK, dans une baraque du camp des Georgets. Ils sont épiciers dans le quartier voisin, aujourd'hui disparu, du Bois-du-Leu, sur la commune de Sanvignes-les-Mines. L'épouse est assise dans son fauteuil, son mari est debout derrière elle, en haut à gauche de la photo. A sa droite leur fille Irena et son mari, Jan KOCIK. A droite de la photo, debout, la seconde fille Wanda, derrière son mari, Antoni TRZECIAK qui porte leur enfant sur les genoux. A ses pieds, accoudé à terre, son frère ainé Tomasz TRZECIAK.

Tous les hommes sont mineurs... Jan KOCIK sera tué lors de la bataille d'Autun, le 8 septembre 1944, alors qu'il commandait la 3ème compagnie du bataillon Mickiewicz. Antoni TRZECIAK, mobilisé dans l'armée polonaise, passera toute la guerre dans un stalag ; son ainé Tomasz se réfugiera précocement au maquis alors que le troisième frère, Franciszek (qui prend la photo), sera arrêté par la police française et mourra à Dachau, le 27 février 1945 (voir récit). 

Notons qu'à cette époque d'avant-guerre, les foyers ouvriers français n'avaient pas encore adopté la coutume du sapin de Noël.

 

 

 

Triste Noël 2016

 Disparition des trois derniers déportés du bassin minier montcellien

 

 

     Albin RYCHLIK

 

Les obsèques d'Albin Rychlik ont été célébrées en l'église Notre-Dame de Montceau-les-Mines le 22 décembre dernier. Il avait 92 ans… Avec lui, ce sont bien des pages de l'histoire du patriotisme et de la résistance polonaises qui s'en vont. A maintes reprises il nous en avait fait le récit et contribué ainsi à plusieurs articles de ce site. D'abord la vie du quartier de la Saule, où il était né en 1924, marquée par les activités militantes de son père (bio de Stanislaw Rychlik) , couronnant le tout l'organisation du Noël 1939 des aviateurs polonais (Le Noël des aviateurs). Ensuite ça avait été l'activité de passeurs de la ligne de démarcation et l'arrestation par la police allemande de Chalon-sur-Saône.

 

Le père, le frère ainé Stanislaw (né en 1922) et lui-même allaient connaître les camps de Natzweiler puis de Dachau. Les deux frères allaient revenir, mais le père allait être assassiné lors d'une marche de la mort qui précéda l'arrivée de l'Armée rouge. Si Albin resta un homme vif et rempli d'humour, toujours l'horreur accumulée affleurait. Il faisait partie des anciens déportés qui à un moment de leur vie tinrent à raconter ; durant des années il délivra son message aux collégiens du bassin-minier.

Pour la Fondation de la Déportation,  il avait également enregistré un long récit.

Voir un exemple de son témoignage : Natzweiler, kommando Kochem.

 

Nos pensées vont à son épouse Alice…

 

Pour ne pas rester cependant sur le volet tragique, qui ne correspond qu'imparfaitement à l'homme que nous avons connu, citons une des blagues "polonaises" qu'il aimait à raconter :

 

     Quelle est la meilleure journée de la vie d'un homme ?     C'est celle de son mariage…

     Et la meilleure semaine ? C'est celle où on tue le cochon…

     Et comment faire pour que ces bonheurs durent toute la vie ?     En devenant curé polonais.

 

  

     Roger PINDON

 

Le lendemain de l'enterrement d'Albin, c'est Roger Pindon qui allait à son tour nous quitter, le 23 décembre.

 

Né à Montceau en 1927, il faisait partie d'un groupe de jeunes du quartier du Champ-du-Moulin qui s'était affilié au Front Uni de la Jeunesse patriotique et allait tomber dans les rafles de février 1944. Il allait lui aussi connaître la déportation…  Nous publions un émouvant hommage de son petit-fils Jérémy - lire ici.

 

 

 

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- Albin Rychlik et Roger Pindon quelques années après la guerre -

 

 

 

 

 

   Marcel Baudot, dit Lélette

 

 

Ce dernier déporté survivant allait disparaître le 10 janvier 2017, quelques jours après A. Rychlik et R. Pindon. Né à Blanzy en 1925, commune où il allait toujours résider, il travaillait à la mine et allait dès l'automne 1943 rejoindre un groupe de jeunes FTP dirigés par le polonais Stefan LIPSKI. Leurs actions étaient surtout symboliques ; aussi décida-t-il avec trois amis de partir à l'aventure, au maquis. Le 7 décembre 1943, ils rejoignirent un groupe à Sigy-le-Châtel (ferme de "Sagorne") et se retrouvèrent finalement enrôlés au maquis AS de St-Gengoux-le-National. C'est au cours d'une permission à Blanzy, le 12 mai 1944, qu'il fut arrêté par la police française. Interné à Chalon puis à Besançon, il fut finalement livré aux Allemands et déporté à Dachau. Il eut la chance d'en revenir, alors que deux de ses compagnons du groupe initial de Blanzy allaient y mourir (Pierre DUT et Marcel GUEUGNEAU).

 

 Article à retrouver en section Disparitions

 

 

 

 

 

Parmi les dernières publications... 

 

Nettoyage au Pays !

Exécutions de femmes polonaises à la veille de la Libération...

Respol71 a déjà abordé le sujet des exécutions de l'été 1944, dans sa seule dimension liée aux Polonais, qu'ils soient tueurs ou victimes. Aujourd'hui nous vous présentons les cas de trois femmes... Il y apparaît un objet nouveau, la liste N.A.P. (pour Nettoyage au Pays) que dressait l'état major du maquis FTP Valmy et que suivaient les exécuteurs, français ou polonais. En effet les cas d'aujourd'hui ne concernent que la "justice FTP" ; rassurez-vous cher lecteur, d'autres sont en cours d'approfondissement qui ont impliqué des tueurs de l'AS.

Voir les articles : Les AdamskiLes soeurs Szczepaniak, La morte des Bas.

 

 

Les mineurs polonais dans la grève de décembre 1941           LIRE ICI

Nous avions déjà relevé la forte implication des Polonais dans le syndicalisme au sein du bassin de Blanzy - voir ICI. L'analyse précise des mineurs arrêtés durant la grève de 1941 confirme leur poids important dans les mouvements sociaux.

Etonnant concours de circonstances, l'un des emprisonnés figurera sur une liste NAP en 1944 et sera mis à mort par la résistance communiste ! 

 

 

Une photo retrouvée

  

 

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Six maquisards du bataillon Mickiewicz posent au temps de la Libération. Les deux hommes du deuxième rang, à genoux, ont été reconnus. Il s'agit de deux copains de l'impasse de la Sorme, dans le quartier du Bois-du-Verne, à gauche (épaulant sa mitraillette), Edmund KUROPACZEWSKI, reparti en Pologne avec le 19ème GIP, à droite (en chemise claire), Stefan LENDEL.

 

 

 


Maquisards russes en Bourgogne

 

 

Formé dans les cités polonaises du bassin de Blanzy, un groupe de soviétiques évadés de camps de travail allemands, allait passer au maquis en octobre 1943, avec les Polonais de la MOI alors poursuivis par la gendarmerie française. Leur maquis allait tenir jusqu'à la Libération, en S&L, dans la Nièvre puis en Côte d'Or. Le livre décrit leur parcours, et détaille de larges pans de la résistance polonaise, non encore évoqués sur Respol71.

 

 MAQUISARDS RUSSES

en Bourgogne

 

est disponible aux

 

éditions de l'Armançon

 

 

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Ce site est destiné à jalonner une recherche sur la résistance polonaise en S&L, centrée sur les bassins industriels de Montceau-les-Mines et du Creusot... La communauté polonaise (11.000 recensés dans le département en 1936, dont près de 10.000 dans les deux bassins), participe à la lutte contre l'Allemagne nazie parfois dès 1939-40, en soutien aux forces polonaises combattant alors en France. Durant l'occupation, elle agit dans deux mouvements spécifiques : l'organisation polonaise de lutte pour l'indépendance, POWN-Monica, liée au gouvernement polonais légal réfugié à Londres et la MOI (Main d'Oeuvre Immigrée), rattachée au comité central du parti communiste français clandestin et à l'Internationale communiste. En outre de nombreux Polonais combattent dans les organisations françaises.
Aux nouveaux lecteurs - Pour situer le contexte des différents articles, lisez d'abord les articles généraux sur les deux résistances POWN et FTP-MOI.
Les textes publiés sont destinés à un usage personnel. Tout autre emploi nécessite l'accord de l'auteur.

 

 

Sabotage à la Machine                ICI

 

Les écrits de K. Kajetanek          ICI

 

 

Carrière d'un chef de maquis MOI

dans la Pologne communiste      ICI

 

 

Désertion de Polonais de la Wehrmacht près d'Autun            ICI 

 

Destin des frères Swedrowski     ICI

,

1942 - Arrestation d'une femme juive  par les gendarmes      ICI 

 

Oct. 1943 - Le premier maquis, avec des Soviétiques       ICI

 

 

Polonais et Allemands, liaisons dangereuses     ICI

 

Le martyre du Dr. Béraud   ICI

 

Un Sarde au maquis polonais   ICI

 

Le prix d'un beau vélo           ICI 

 

Le maquis Topor à la libération de Montceau                       ICI

 

Récit de vie de B. Mnich     ICI

  

Le premier tué au maquis    ICI

 

Sauvés par un gendarme      ICI

 

  

 

 

  


    

  

 

  

  

Jan KULPINSKI (1897 – 1960) 

Chef régional du mouvement POWN-Monica, pour 

la Saône-et-Loire et la Nièvre, rattaché au gouvernement polonais de Londres 

( biographie ) 

 

 

  

   

Boleslaw MASLANKIEWICZ(1903 – 1971) 

membre de la direction nationale des FTP-MOI polonais ; en charge du bassin de Montceau puis des maquis bourguignons. 

 ( biographie ) 

  

 

  

 

 


 

 

- Czerwone maki na Monte Cassino - 

 

 

Chanson patriotique polonaise, en souvenir de la prise du monastère de Monte-Cassino par les Polonais de l'Armée Anders, le 18 mai 1944, qui allait ouvrir la route de Rome aux armées alliées 

     - Les coquelicots rouges du Monte Cassino - 

 

Vois-tu ces ruines sur les cimes?

C'est  là-bas que ton ennemi se cache comme un rat!
Allez, allez, allez!
L'attraper par le cou et le précipiter tout en bas.
Et ils partirent avec folie, avec ardeur,
Et ils partirent pour tuer et pour venger,
Et ils partirent comme toujours déterminés,
Comme toujours se battre pour l'honneur...

Les coquelicots rouges sur le Monte Cassino
Au lieu de la rosée ont bu le sang polonais.
À travers ces coquelicots, un soldat est passé et a péri,
Mais la colère était plus forte que la mort.
Les années passeront, les siècles passeront,
Ne resteront que les traces du passé.
Et les coquelicots sur le Monte Cassino,
Seront plus rouges car ils ont été arrosés de sang polonais. 

 


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