Hipolit Grzadka, prêtre des Baudras, mort en déportation

 

 

 

 

 

 

Hipolit Grzadka n'a pas eu d'activité résistante en Saône-et-Loire, puisqu'il a exercé son ministère dans le bassin montcellien de 1935 à 1937 ; cependant son souvenir est resté chez les anciens et il est présent sur nombre de photographies conservées par bien des familles. Avec le père Sobieski, qui eut la charge de la même paroisse six ans plus tard - voir biographie, il apporte un autre exemple de l'engagement patriotique au sein du clergé polonais. 

 

 

 

 

 

Hipolit Grzadka est né le 18 mai 1910 à Potok Wielki, cadet d'une famille de cinq garçons ; il fait ses études religieuses à Poznan et entre dans la section du Grand Séminaire  préparant à la pastorale en émigration. Il arrive en France en 1935 et est affecté à la paroisse des Baudras dans le bassin houiller de Montceau-les-Mines. Il y remplace le père Mateuszek parti aux Gautherets.  Il suit à ce titre les communautés catholiques des Baudras, des Essarts et du Magny. Il laisse parmi ceux qui l'ont connu alors le souvenir d'un jeune prêtre actif et dynamique auprès des jeunes, à l'engagement patriotique très marqué ; il est particulièrement combattif contre la gauche polonaise, très présente à travers le PPS (parti socialiste polonais), qui anime les  sections polonaises de la CGT et l'Université ouvrière…

Il quitte le bassin montcellien en 1937 pour prendre en charge la paroisse polonaise d'Algrange, dans la Moselle. Par un singulier hasard, c'est cette année-là que Jan Kulpinski, le futur chef régional de la résistance POWN, vient lui-aussi s'établir à Algrange - voir sa biographie ; ils s'y seront très probablement connus...

Comme Kulpinski et avec des milliers de réfugiés, Hipolit Grzadka passe en zone non occupée lors de l'incorporation de la Lorraine au Reich. Il est alors rattaché au doyenné de Lyon de la Mission catholique polonaise en France, sous l'autorité du père Rogaczewski. A partir du 6 novembre 1942, il entre officiellement dans la Résistance en intégrant le réseau polonais d'évacuation Wisigoths-Lorraine (réseau organisé et commandé par le capitaine André Zakrzewski).

Il est agent P2 (c'est à dire employé à titre permanent), avec le pseudo de "Skiba". Dans la ligne polonaise d'évacuation, il anime un groupe de résistants offrant aux soldats alliés évadés un support logistique, ainsi que de faux papiers, des hébergements et un convoyage jusqu'à la frontière espagnole.

Il est arrêté début 1943, envoyé d'abord au camp de regroupement de Compiègne et de là déporté vers l'Allemagne par le convoi du 8 mai 1943.
Il est interné au camp de Sachsenhausen, sous le matricule 66 128, puis transféré vers celui de Bergen-Belsen. Il y meurt en mai 1945.

 

Sources :

Thèse de Gabriel Garçon, Université Lille III - Les Catholiques polonais en France, 1919-1949, Université Lille III -  en ligne ici.

DVD AERI consacré à la Résistance polonaise (biographie par Jean Medrala).

Site Mémoire de la Déportation  - rechercher ici

Site chapelle St-Antoine-de-Padoue à Algrange - cliquer ici

 

Trois photos du prêtre, cliquez sur la photo pour l'agrandir...

                             (Merci à ceux qui m'indiqueront des personnes reconnues)

 

Avec les paroissiens du Magny en 1936 ou 37,

le matin d'un pélerinage à Paray-le-Monial

 

 

Avec tout le clergé polonais du bassin minier,

un jour de rassemblement des jeunes filles des quartiers

sous la bannière des "femmes du Rosaire". 

 

 Adieux abbé Grzadka Baudras-Magny vers 1936.jpg
1937, ses adieux aux jeunes catholique SMP de sa paroisse

 

 

 

 

 

 

 

Ci-contre, photographie de la plaque commémorative placée dans la chapelle Saint-Antoine-de-Padoue à Algrange. Envoi de Mme Wanda Simzac, présidente de l'association "Sainte Barbe" d'Algrange.  Grand merci à elle !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



03/07/2012
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